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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 15:04

 

 

microbes archéologues-copie-1

 

 

"Pitt et Smok, deux microbes archéologues sur les traces d'un virus mortel qui décima tout un royaume."

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 23:35

 

 Voici ma participation au concours pour le Zine de la communautés Autres Mondes. Le thème : Royaume en ruine.

Ce n'est qu'une première ébauche. J'ai 300 caractères de trop et je n'ai pas encore corrigé les fautes.

Si vous avez des remarques, allez-y, je suis à l'écoute pour améliorer mon texte.

 

 

 

Pitt humait l’air de ses larges narines.

« — Mais ça sent mauvais ici Smok !

—    Allons, allons, répondit ledit Smok, des Arkéotrouvs comme nous n’ont pas peur d’une mauvaise odeur.

—    C’est sûr que c’est pas les Gniponchams qui prendraient la peine de venir jusqu’ici ! »

C’était toujours ainsi que les Técrabies parlaient des Gniponchams, ce peuple parasite et fainéant. Ces derniers préféraient laisser le travail aux Técrabies, et les décisions, aux Sarapites. Pitt était fier d’être un Técrabie Arkéotrouv. Il aimait parcourir le monde et découvrir des royaumes en ruine comme celui-ci. Il imaginait tous les trésors qu’ils pouvaient receler… et il s’activait pour les retrouver. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il n’en avait trouvé aucun. Ce n’était pas Smok qui l’aiderait ! En bon Técrabie, il se contentait de chercher à révéler le passé de ces vestiges.

Cet endroit était plutôt inquiétant. Les murs rougeauds ruisselaient d’humidité et le sol détrempé s’enfonçait sous leurs pieds. Du silence pesant émanait une tension angoissante.

« — Kof, kof, toussota Pitt bruyamment. Alors Smok, que penses-tu de cet endroit ?

—    Nous n’avons pas encore commencé les analyses biologico-chimico de la représentation graphique de cette immense saillie.

—    Tu veux dire qu’il faut d’abord que tu examine les lieux avant d’en penser quoique ce soit ?

—    Occupes-toi d’enclencher le compilator sur cette zone au lieu de commenter mes commentaires. »

Smok détestait quand Pitt faisait ça, exprimer simplement ses propos. A quoi servaient ses longues études s’il ne pouvait pas de temps en temps énoncer des faits scientifiques avec les mots appropriés ?

Irrité, il attrapa sa louchote pour la placer devant son œil droit tandis qu’il s’agenouillait. La louchote, relié par un bras mécanique à son casque, lui permettait de grossir un millier de fois les éléments du sol. Il avait remarqué les restes probables d’une créature.

Le compilator que Pitt tenait entre les mains balaya les débris environnant de son rayon laser.

« — Hum, commenta Smok. Connais-tu la légende concernant cet endroit ?

—    La légende ? Il y a une légende ?

—    On raconte qu’il y a des milliers de secrons, des Suvirs d’une force redoutable se sont emparés de ce royaume. On dit que la vie y foisonnait et qu’en quelques secrons seulement, ils ont absolument tout détruit, ne laissant rien sur leur passage. Enfin, presque rien, car j’ai quelque chose. Tu peux amener le rayon du compilator ici ? »

Pitt dirigea le faisceau bleuté sur la zone concerné. Après quelques bits, les données s’affichèrent :

« — 45% de granu, 30% de lymfo, 15% de monok, 8% d’antyjiène et pour finir, 2% de perforine ! Alors ? Qu’en conclut notre génialissime Arkéotrouv ? »

 « — Mais bien sûr… chuchota Smok, pensif. Nous avons ici le cadavre d'un des plus puissant des Lekosits !

—    Qu’est-ce que c’est ça, un Lekosit.

—    Tu ne connais pas les Lekosits ?

—    Non.

—    Vraiment Pitt, tu as encore tout à apprendre ! Un Lekosit, c’est un féroce guerrier. Il est possible que des milliers de Lekosits protégeaient ce royaume.

—    Et ben, ils n’étaient pas si féroce vu les ruines qui nous entourent !

—    J’ai bien peur que la légende se révèle véridique et que ces valeureux guerriers ont tous été décimés par une armée invincible, des Suvirs particulièrement sanguinaire. J’aimerai beaucoup trouver les restes d’un de ces soldats. Continue à analyser le sol avec le compilator. »

En bon exécutant, Pitt balada le laser de sa machine autour de lui. Il continua ses recherches un peu plus loin, Smok sur ses talons. A plusieurs reprises, les données désignant les dépouilles des Lekosits s’affichèrent sur l’écran. Mais aucune trace des Suvirs.

« — C’est incroyable ! s’étonna Smok. Tout ces Lekosits sont morts sans faire une seule victime chez l’ennemie… »

Tous deux marchèrent à travers les ruines, à la recherche d’un indice les éclairant sur cette guerre.

Les yeux tournés vers le sol, ils ne remarquèrent pas tout de suite le mur qui se dressait devant eux.

« — Oh ! Je crois qu’on ira pas plus lien cher professeur !

—    En effet cher élève, ta perspicacité m’étonnera toujours, » répliqua Smok avec ironie.

Pitt pouffa de rire, amusé d’avoir un peu déridé son confrère. Quand soudain, il eut une vraie illumination.

« — C’est peut-être derrière cette muraille que se trouve le trésor…

—    Hum… réfléchissait Smok, ignorant l’allusion aux richesses improbables. Nous pourrions envoyer l’apréleveuse dans l’une de ces petites cavités. »

Il ouvrit un compartiment de sa sinturforte et en sortit un insecte de la taille d’une abeille. Il l’activa et l’envoya dans l’un des trous qui ornait la paroi.

Ils n’eurent pas le loisir de s’impatienter. L’engin miniature revint vite vers les deux chercheurs, un tissu moléculaire entre les pattes.

Délicatement, Pitt récupéra le précieux fragment pour le placer dans une alvéole du compilator.

« — La composition est de 65% de tyjiène et 34 % d’anzème.

—    Comme c’est étrange… murmura Smok. Il faut trouver l’entrée ! »

Ils longèrent l’obstacle sur plusieurs mètres avant d’apercevoir une ouverture circulaire au-dessus de leur tête.

Ils enclenchèrent l’anti-gravité de leur sinturforte. Aussi légers qu’une plume, ils s’envolèrent près de l’entrée. Battant des bras pour avancer, ils pénétrèrent dans un tunnel ténébreux. La sintuforte désactivée, ils utilisèrent l’apréleveuse comme lumière, car elle pouvait aussi faire la luciole. Le long couloir se terminait par une large alcôve.

Ce qu’ils virent à ce moment précis, resta une vision irréelle et terrifiante, gravée à tout jamais dans leur mémoire. Sur un lit de sang, gisait le cadavre d’une Sellulereine. Ses longues membranes écarlates témoignaient de sa beauté passée. Elle était étendue telle une déesse vaincue, une guerrière morte l’épée en main. Elle, la mère de la vie, elle avait péri. Ses fidèles Lékosits terrassés, son royaume dévasté, elle avait succombé sous le poids d’un ennemi trop puissant. Son cadavre inspirait le respect. Cette glorieuse Reine méritait qu’on la laissât reposer en paix.

Intimidé, nos deux chercheurs rebroussèrent chemin en silence.

Ils décidèrent de quitter ce royaume en ruine, de ne rien ajouter à la légende.

Ils s’élancèrent tristement dans les airs.

Derrière eux, un royaume s’étendait. Sous leurs pieds, la silhouette d’un homme se découpait. Un corps inerte dans un lit défait. Une vie foudroyée par un virus mortel.

 

De Lina Carmen

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:29

SF6 (2)

 

Liam attendait patiemment que le directeur la fasse entrer dans son bureau. Encore une convocation ! Elle en avait assez de ces grands benêts qui n'y comprenaient rien.

 

Un grand gaillard d'un mètre quatre vingt ouvrit enfin la porte pour lui lancer avec froideur : "C'est à vous mademoiselle !".

C'était lui, le directeur. Il était plutôt impressionnant avec sa carrure d'athlète et son visage de militaire. Mais pas assez pour Liam qui n'avait peur de rien.

 

D'ailleurs, elle lui asséna un regard plein d'audace pour bien lui signifier qu'il ne lui faisait ni chaud, ni froid. Une manière de lui exprimer que cette entrevue ne changerait rien.

 

Il s'installa dans son fauteuil dernier modèle et lui fit signe qu'elle pouvait prendre place dans la moitié d'œuf qui devait lui servir de siège. Elle détestait ces « reposes fesses » qui manquaient totalement d'imagination. Comme tout dans son monde d'ailleurs.

 

L'humanité était arrivée à un tel degré de technologie qu'elle s'était sentie obligé de tout réduire à l'essentiel et bien entendu, à une seule teinte de couleur pour l'ameublement : le gris.

 

Ils pouvaient bien avoir des engins volants, des pistolets à rayons lasers, des pilules rajeunissantes ou être passé maître dans l'art de la création in-vitro, de la conquête de l'espace ou du commerce intergalactique, tout cela n'était que chimère pour Liam. Vapeur d'eau qui ne prendrait sa valeur que si elle pouvait repasser à l'état liquide.  Ce qui n'était pas pour maintenant apparemment.

 

"- Bien, vous devez vous douter de la raison de cet entretien n'est-ce pas ?

- Mouais, ronchonna t-elle, indifférente.

- Puisque vous n'avez pas l'air de désirer vous rappeler vos méfaits, je vais le faire pour vous."

 

Il glissa ses mains sur son bureau et une fenêtre informatique s'agrandit sous ses doigts :

"- Voyons, vous avez tout d'abord saboté une expérience en cours de chimie,

- Je n'ai rien saboté ! le coupa t-elle. J'ai juste tenté autre chose. On avait toutes sortes d'éléments à notre disposition, pourquoi se contenter d'une seule formule ?

- Tout simplement parce que c'était ce que vous demandait votre professeur ! Vous n'avez pas à sortir des consignes, c'est la base de la discipline !

- Poufff!!! souffla t-elle excédée.

- Et ne me manquez pas de respect par la même occasion ! " hurla t-il en tapant du plat de la main sur la table.

 

Liam reprit contenance et le fixa droit dans les yeux. Agacé, le directeur reprit ses reproches :

"- Vous avez repeint les toilettes des filles en rose....

-C'est ma couleur préféré, se dit-elle, c'est si sinistre en gris !

- D'ailleurs, on se demande comment vous avez fait pour vous la procurer.

- Il m'a suffit de la fabriquer idiot ! continua t-elle à se dire.

- Et pour couronner le tout, vous avez dérangé le travail de vos camarades de classe en tapant sauvagement sur les murs !

- Je faisais de la musique et non du bruit, imbécile ! J'ai le rythme dans la peau moi, pas comme toi, gros lourdaud.

- On se demande vraiment ce qui peut bien se passer dans votre tête ! Et tout ceci depuis votre dernière convocation, qui ne remonte qu'à huit jours ! Pouvez-vous m'expliquer votre comportement mademoiselle ?"

 

Il fit enfin une pause et la scruta intensément. Mais que voulait-il qu'elle lui dise ? La vérité ? Mais pourrait-il comprendre qu'elle détestait cette société qui n'était focalisée que sur les activités qu'elle jugeait utile ?

 

Pratiquement personne ne savait ce qu'était la musique, la peinture, la danse ou la poésie. Tout ceci avait disparu pour laisser place à une économie accès sur la réussite. Chacunes de leurs actions devaient permettre à la société de survivre, tout travail devait concourir à nourrir, loger, procréer, soigner...

 

La survivance du plus fort devait passer par les efforts assidus de chaque habitant. Et ils n'avaient pas le choix s'ils voulaient le minimum vital. Toute personne inutile à la société était tout simplement effacée.

 

Elle savait tout cela car elle avait eu un grand-père clairvoyant qui, enfant, avait connu les joies que pouvaient procurer la connaissance des différents arts considérés comme stériles aujourd'hui. Il l'avait aidé à développer son imagination et elle était très douée pour ça. Mais bien entendu, ce directeur si fidèle à la discipline, ne pouvait pas comprendre.

 

Elle se contenta de répondre :

"- J'en sais rien, j'ai pas réfléchi.

- Vous n'avez pas réfléchi ? répéta t-il abasourdi. Je n'ai plus le choix, je suis obligé de vous livrer aux Redresseurs, ajouta t-il d'un ton dépité. Je vais les contacter immédiatement et ils viendront vous chercher.

- Quoi ??? s'exclama Liam."

 

Il ne pouvait pas lui faire ça ! Les Redresseurs étaient de vrais sadiques qui faisaient des lavages de cerveaux  à leurs prisonniers. C'était la mort assurée de son esprit.

 

"- Attendez-moi ici, je vais les appeler dans une autre pièce."

"- Oui, c'est ça, barre toi se dit-elle. Comme si j'allais attendre sagement qu'on vienne m'emmener en enfer."

 

Dés qu'il referma la porte, elle se précipita sur son bureau et chercha à l'ouvrir. Bien entendu, tout était bouclé ! Elle ne pouvait pas espérer y trouver une arme. Il ne lui restait plus qu'à s'enfuir, à défaut de se battre.

 

La porte était verrouillée elle aussi. Par contre, la fenêtre n'était qu'une simple vitre en verre. Elle la fracassa d'un coup de pied grâce à ses bottes renforcées. Bien entendu, pour compliquer le tout, elle était au quatrième étage ! Qu'importe, elle n'était pas sujette au vertige. Elle se faufila par l'ouverture et posa son pied sur le rebord.

 

Heureusement, le mur métallique comportait de nombreux interstices où elle pouvait poser le bout de ses pieds ainsi que l’extrémité de ses doigts. Sa descente ne fut pas aisée mais elle était assez souple pour y parvenir. Tandis qu'elle s'échappait, elle perçut des vas et vient dans le bâtiment. On avait certainement remarqué son absence... Elle devait faire vite si elle ne voulait pas se faire prendre !

 

Après de nombreux efforts, elle retrouva le plancher des vaches. Elle scruta les environs. Rien en vu. Elle courut alors à toute vitesse pour sauter sur sa moto qui s'envola rapidement au sixième niveau. A partir de maintenant, elle serait considérée comme une rebelle. Cette idée ne l'attrista pas. Bien au contraire, un sentiment de liberté lui étreignit la poitrine.

 

De Lina Carmen

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:20

J'aime particulièrement cette BD de science fiction où l'on peut côtoyer des extra-terrestre de toutes sortes. L'héroïne, Nävis est attachante. Fragile et forte à la fois, elle sait se battre comme un soldat mais a des coups de blues comme une vraie fille !

 

J'ai trouvé un site sympa sur Sillage : Poukram

Il est si bien fait que je me contenterai de faire un copier/coller de quelques passages. Et en supplément, quelques dessins de l'héroïne.

 

"Sillage est une bande dessinée, éditée chez Delcourt, apparue début 1998. Elle est écrite par Jean David Morvan et dessinée par Philippe Buchet - qui s'occupe également des couleurs avec l'aide de Christian Lerolle(Color Twins) et, ponctuellement, Anne Bidault, illustratrice et  ancienne collègue de travail de Philippe."

 

A propose de Nävis : "Cette jeune terrienne, échouée dans la jungle, d'une planète inconnue, depuis plusieurs années, a grandi dans la nature avec pour seul compagnon Houyo, une femelle Tigrours. Son destin va basculer le jour où sa planète va se trouver sur la route de "Sillage", une gigantesque armada multiraciale, spécialisée dans le commerce des planètes..."

 

Et maintenant, les dessins !

 

Nävis et Houyo enfants :

 

Nävis2 

 

 

  Nävis1

 

 

 

 

 

Celle-ci, je crois que je vais la dessiner un de ces jours : Nävis6

 

  Nävis9 

Bon, je m'arrête là, de temps en temps, je posterai d'autres dessins de Nävis.

 

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:58

 

Mornia est une ville triste et sinistre où une population en mal de soleil tente de survivre. La végétation est inexistante, même le plus  petit des arbustes a disparu du paysage depuis des décennies. Seul des immeubles aux dimensions célestes s’élèvent vers des hauteurs indistinctes. Une muraille infranchissable empêche toute sortie.

Cette société dont la survie dépend de leur réserve de pétrole, est divisée en deux parties. D’un côté ceux qui travaillent à la production du précieux minerai et d’un autre les dirigeants qui s’épanouissent dans un confort luxueux. Les premiers vivent en bas des tours, dans le « smog » métropolitain, une brume permanente qui leur cache la lumière. Les seconds se sont installés dans les sommets, jouissant d’une existence sereine grâce aux différents produits dérivés de leur exploitation pétrolière.

Les usines, situées dans les souterrains de la ville sont fonctionnelles grâce au labeur constant des démunis dont l’avenir reste incertain.

C’est dans cette ambiance que deux adolescents de dix-sept ans vont se rencontrer. Yan est l’un de ces indigents dont le destin est de finir ouvrier dans une usine comme son père et son grand-père. Mais il rêve d’une autre vie en cherchant à distinguer ces chanceux, tout là-haut, qui se prélassent dans un bonheur effronté.

Une porte s’ouvre pour lui lorsqu’il fait connaissance avec Sonia, une ingénieuse jeune fille qui s’éclipse parfois de son monde d’opulence pour parcourir les sombres ruelles des bas-fonds. Ensemble, ils décident de s’échapper de Mornia.

Une seule solution se présente à eux : survoler les murailles à bord d’un aérostat. Malheureusement, quelques complications vont survenir. Le Président Percy qui règne en maître sur Mornia est sur leur trace. Va-t-il trouver le responsable du téléchargement des plans de l’aérostat ? Quel est cet espion qui affirme posséder des renseignements sur un dissident ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:35

mongolfierePour ceux qui désirent lire les chapitres précédents : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5.

 

« - Président Percy, j’ai encore une mauvaise nouvelle à vous annoncer… commença Richie, le bras-droit du Président.

-        Encore ? s’exclama l’intéressé. J’ai déjà bien assez de travail avec les nouveaux travaux d’excavation du pétrole et la recherche de ce voleur de données pour que vous m’en rajoutiez !

-        Désolé… mais il se peut qu’il y ait un lien avec votre pirate informatique.

-        Vraiment ? Pourquoi dites-vous cela ? demanda t-il  avec curiosité.

-        Et bien voilà, un jeune homme des bas-fonds affirme avoir vu un de ses camarades de classe prendre un transporteur vertical.

-        Comment ? Un de ces miséreux a pu se rendre chez nous ?

-        C’est ce qu’il affirme. Mais si ce jeune homme a pu trouver le moyen de monter jusqu’ici, c’est peut-être lui aussi qui nous a volé les plans de l’aérostat. »

 

Le Président se leva de son siège et arpenta la pièce d’un pas décidé. Les sourcils froncés, il réfléchissait.

Richie, gêné d’être porteur de mauvaises nouvelles restait immobile, le suivant du regard. Brusquement, il s’arrêta.

« - Bien, je vais m’en occuper personnellement. Je veux la déposition de ce jeune homme. Et j’espère que le policier qui l’a interrogé a demandé tous les détails ! Je veux tout savoir, nom, adresse, famille, amis, les lieux qu’il fréquente, tout ! Je veux savoir ce qu’il mijote.

-        Et bien… répondit Richie, embarrassé.

-        Quoi encore ?!

-        Il y a un petit souci… Le témoin est assez exigeant. Il n’a pas tout dit…

-        Quoi ?! Mais c’est pas vrai ! Qu’est ce qu’il veut ce morveux ?

-        Il veut étudier chez nous, dans les hauteurs. »

 

Excédé, il frappa rageusement de ses poings le bureau qui trembla sous l’impact. Effrayé, Richie fit un pas en arrière. Il n’était pas bon d’être dans l’entourage du Président lorsqu’il piquait une colère.

« - Et bien, il faudra marchander. »

Il leva la tête vers Richie et lui ordonna, énervé : « - Arrangez-moi un rendez-vous avec ce minable. Faites le venir ici. Je me charge de lui.

-        Bien Président, marmonna t-il.

-        Je veux aussi que vous me fassiez un rapport complet sur ce gamin… Comment s’appelle t-il d’ailleurs ?

-        Arthur Sapin monsieur.

-        Pffuu, en plus il a un nom ridicule, ça promet, » lâcha t-il les dents serrées.

Pensant que tout était dit, Richie bâtit en retraite, laissant le Président Percy ruminer seul ses déboires.

 

 

Arthur était satisfait. Depuis qu’il s’était rendu au commissariat de son père pour exposer astucieusement les renseignements concernant Yan, il entrevoyait un avenir bien différent. Il s’était bien gardé de trop en dire. Il n’était pas si bête. Il savait que sa chance était minime. Il ne devait pas la laisser passer !

 

Il avait appâté les autorités avec la fuite nocturne de Yan dans un ascenseur vertical. Il avait bien appuyé sur le fait qu’il possédait une clé électronique. Ces objets étaient rares. Seul les friqués et les hauts gradés dans la police en possédaient. D’ailleurs ce détail avait eu son petit effet. Le policier avec lequel il s’entretenait, l’avait regardé bizarrement, hésitant entre l’étonnement et la suspicion. Un vol de clé pour ascenseur vertical était une première dans l’histoire de la police. Mais puisqu’Arthur était le fils d’un flic… pourquoi douter ?

 

Mais lorsqu’il avait demandé des précisions sur l’identité de Yan, Arthur avait rétorqué : « Ce sont des informations que je veux communiquer uniquement au Président Percy. »

Bien entendu, son interrogateur avait tiqué. Il avait bien essayé de convaincre Arthur qu’il était impossible de rencontrer le grand chef, rien n’y fit. Il serait une tombe tant qu’il ne lui serait pas présenté. Lorsque le commissaire s’en mêla, Arthur ajouta même qu’il ne dirait rien de plus sans l’assurance du Président qu’il pourrait poursuivre sa scolarité dans une des écoles de la classe dirigeante. Le commissaire avait vraiment paru embarrassé. Ils avaient laissé Arthur seul pendant plusieurs heures.

 

Ces moments de solitude l’avaient quelque peu angoissé. Mais son soulagement fut complet lorsqu’on lui annonça que sa demande était acceptée et qu’il pourrait rencontrer le grand patron le lendemain. Seul ces quelques mots du commissaire lui firent froid dans le dos :

« - Vous prenez un grand risque. J’espère que vous sortirez vivant de cet entretien. »

 

 

Leur projet était en bonne voie. Un vent de liberté soufflait à leurs oreilles. Yan et Sonia n’étaient préoccupés que de la construction de leur aérostat. Yan avait pu déserter les cours pour se consacrer à leur projet. L’absence d’un fils d’ouvrier n’était guère remarquée dans son lycée. Par contre, Sonia était dans l’obligation de faire acte de présence, non seulement en cours, mais aussi auprès de sa mère. Dès que la nuit tombait, elle s’éclipsait adroitement du foyer, ses parents la croyant profondément endormie.

 

Elle se faufilait à travers les ruelles qui surplombaient les bas-fonds de Mornia. Ces petites rues étaient comme des ponts qui s’accrochaient aux immeubles à plus de cinquante mètres de hauteur. Elles permettaient aux piétons, ainsi qu’aux autoélectres, des engins de transport électrique, de circuler facilement entre les sommets. Bien souvent, il fallait traverser un pont afin de rejoindre une autre tour. 

 

La nuit où Sonia devait rejoindre Yan était particulièrement sombre. Le ciel nocturne était dissimulé sous une épaisse couche nuageuse, menaçant la population d’une pluie imminente. Ce n’était pas l’idéal pour leurs travaux. Lorsqu’elle le retrouva enfin, il s’affairait avec le robot devant une console en cours d’élaboration. La machine soudait des composants électroniques à l’aide de ses mains mécaniques. Il n’avait aucune ressemblance physique avec un humain, mise à part les mains. Ce n’était qu’un tronc sur roulettes, surmonté d’un œil infrarouge qui lui permettait d’analyser son entourage et de fabriquer ce que son logiciel lui ordonnait. Après avoir embrassée Yan, elle lui demanda :

 

« —Vous en êtes où ?

    On met en place le tableau de bord ! On assemble le tout : manomètre, altimètre et variomètre.

    Intéressant… répliqua Sonia, mais je n’y comprend rien !

    Et bien, pour faire bref, tous ces instruments vont nous permettre de calculer notre vitesse ainsi que la pression atmosphérique. Grâce à eux, on saura s’il faut lâcher plus d’air chaud ou au contraire, ralentir la cadence.

    Ok et pour le reste ?

    Le robot a terminé l’enveloppe. Regarde, elle est ici. »

 

Yan souleva la bâche et découvrit un amas de polyester dont les différentes parties avaient été cousues entre elles pour former le ballon.

 

« —Bien entendu, ça n’a pas beaucoup d’allure comme ça. Mais souviens-toi de notre maquette. Une fois qu’on aura commencé à envoyer de l’air, elle se gonflera tout doucement et s’envolera.

—Oui mais notre maquette avait mis un temps fou à se gonfler ! Combien de temps crois-tu que ça prendra pour notre aérostat ?

—Tu as raison. Je crois qu’il faudra plusieurs heures.

—Il faudra le prévoir pour notre heure de départ. N’oublie pas qu’on est obligé de partir de nuit à cause de moi. Je ne pourrais jamais m’esquiver dans la journée avec toutes mes affaires. C’est trop dangereux.

—Ne t’en inquiète pas, certifia Yan. Je pourrais toujours venir dans la journée. De toute façon, on peut programmer le robot pour qu’il le fasse lors de notre absence.

—C’est vrai. Donc, que reste t-il à fabriquer ?

—La nacelle et les brûleurs. Il reste encore ces deux choses à monter, sans compter l’assemblage de tous les éléments. Disons que j’en ai encore pour deux jours. Vu que je travaille quinze heures par jours, on va vite avancer ! Mais j’ai l’impression de travailler davantage qu’un ouvrier ! Je fais de la compétition à mon père… »

 

Sonia entoura sa taille de ses bras et lui susurra à l’oreille :

 « —Tu es le plus courageux des garçons que je connaisse. Merci beaucoup. »

 

Mais c’était sans compter sur le climat.

 

Lina Carmen

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 15:49

fantastique11Kasei, un quadragénaire au visage asiatique dont la taille dépassait les deux mètres, faisait sa promenade journalière afin d’observer l’avancée de la récolte. Les robots avaient méticuleusement cueilli chaque grappe de raisins. Ses vignes se portaient bien. Mais pour combien de temps encore ? Il se pencha vers le sol et attrapa une motte de terre. Elle glissa entre ses doigts dans un frémissement poussiéreux et rougeâtre. La terre était bien trop sèche. Il soupira.

 

Chaque jour il lançait l’arrosage de ses cultures et chaque jour, une grande partie de l’eau s’évaporait avant d’étancher suffisamment son vignoble. Il avait répété l’opération à plusieurs reprises dans la journée. Il ne pouvait pas se permettre de perdre sa récolte par manque d’eau ! Il décida d’aller jeter un œil à la source.

 

Tandis qu’il descendait la colline, il admira le paysage. Au loin, il apercevait les rocheuses qui se dressaient tel des pics cramoisis sous un ciel violacé. Il n’entendit qu’un murmure. Lorsqu’il s’était installé ici, le torrent qui alimentait ses cultures jaillissait dans un grondement assourdissant pour se fracasser contre des régolites pourpres sous une écume rosée. Aujourd’hui, seul un chuchotement trahissait la présence d’un filet d’eau.

 

Ce serait certainement sa dernière vendange. Il s’accroupit et trempa sa main dans l’eau. Sa température s’était apparemment encore réchauffée. Il leva les yeux de nouveau et scruta l’horizon. Une boule d’un jaune étincelant illuminait le paysage écarlate. Le soleil étalait sa chaleur sur un sol privé d’eau.

 

Pourtant, il n’était pas le principal responsable. Depuis qu’ils avaient décidés de réchauffer la surface du sol afin de faire fondre la glace avec des loupes géantes en rotation autour de la planète, l’air s’était réchauffé, chargé de CO2.

 

La vie, qu’elle soit humaine ou animale était impossible en dehors des tentes. Ces toiles d’un matériau transparent et résistant les protégeaient d’une atmosphère irrespirable. Et voilà que maintenant, la chaleur avait absorbée une grande partie de l’eau. Elle s’était évaporée pour s’échapper dans l’espace, l’absence d’atmosphère ne pouvant pas la retenir. Bien sûr, ils avaient quelques nappes souterraines, mais en quelques centaines d’années, ils avaient laborieusement pompé tout ce qui restait. Non, décidément, la vie devenait impossible sur Mars. Il devait penser à l’émigration. Peut-être Jupiter…

 

Lina Carmen

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