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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:35

mongolfierePour ceux qui désirent lire les chapitres précédents : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5.

 

« - Président Percy, j’ai encore une mauvaise nouvelle à vous annoncer… commença Richie, le bras-droit du Président.

-        Encore ? s’exclama l’intéressé. J’ai déjà bien assez de travail avec les nouveaux travaux d’excavation du pétrole et la recherche de ce voleur de données pour que vous m’en rajoutiez !

-        Désolé… mais il se peut qu’il y ait un lien avec votre pirate informatique.

-        Vraiment ? Pourquoi dites-vous cela ? demanda t-il  avec curiosité.

-        Et bien voilà, un jeune homme des bas-fonds affirme avoir vu un de ses camarades de classe prendre un transporteur vertical.

-        Comment ? Un de ces miséreux a pu se rendre chez nous ?

-        C’est ce qu’il affirme. Mais si ce jeune homme a pu trouver le moyen de monter jusqu’ici, c’est peut-être lui aussi qui nous a volé les plans de l’aérostat. »

 

Le Président se leva de son siège et arpenta la pièce d’un pas décidé. Les sourcils froncés, il réfléchissait.

Richie, gêné d’être porteur de mauvaises nouvelles restait immobile, le suivant du regard. Brusquement, il s’arrêta.

« - Bien, je vais m’en occuper personnellement. Je veux la déposition de ce jeune homme. Et j’espère que le policier qui l’a interrogé a demandé tous les détails ! Je veux tout savoir, nom, adresse, famille, amis, les lieux qu’il fréquente, tout ! Je veux savoir ce qu’il mijote.

-        Et bien… répondit Richie, embarrassé.

-        Quoi encore ?!

-        Il y a un petit souci… Le témoin est assez exigeant. Il n’a pas tout dit…

-        Quoi ?! Mais c’est pas vrai ! Qu’est ce qu’il veut ce morveux ?

-        Il veut étudier chez nous, dans les hauteurs. »

 

Excédé, il frappa rageusement de ses poings le bureau qui trembla sous l’impact. Effrayé, Richie fit un pas en arrière. Il n’était pas bon d’être dans l’entourage du Président lorsqu’il piquait une colère.

« - Et bien, il faudra marchander. »

Il leva la tête vers Richie et lui ordonna, énervé : « - Arrangez-moi un rendez-vous avec ce minable. Faites le venir ici. Je me charge de lui.

-        Bien Président, marmonna t-il.

-        Je veux aussi que vous me fassiez un rapport complet sur ce gamin… Comment s’appelle t-il d’ailleurs ?

-        Arthur Sapin monsieur.

-        Pffuu, en plus il a un nom ridicule, ça promet, » lâcha t-il les dents serrées.

Pensant que tout était dit, Richie bâtit en retraite, laissant le Président Percy ruminer seul ses déboires.

 

 

Arthur était satisfait. Depuis qu’il s’était rendu au commissariat de son père pour exposer astucieusement les renseignements concernant Yan, il entrevoyait un avenir bien différent. Il s’était bien gardé de trop en dire. Il n’était pas si bête. Il savait que sa chance était minime. Il ne devait pas la laisser passer !

 

Il avait appâté les autorités avec la fuite nocturne de Yan dans un ascenseur vertical. Il avait bien appuyé sur le fait qu’il possédait une clé électronique. Ces objets étaient rares. Seul les friqués et les hauts gradés dans la police en possédaient. D’ailleurs ce détail avait eu son petit effet. Le policier avec lequel il s’entretenait, l’avait regardé bizarrement, hésitant entre l’étonnement et la suspicion. Un vol de clé pour ascenseur vertical était une première dans l’histoire de la police. Mais puisqu’Arthur était le fils d’un flic… pourquoi douter ?

 

Mais lorsqu’il avait demandé des précisions sur l’identité de Yan, Arthur avait rétorqué : « Ce sont des informations que je veux communiquer uniquement au Président Percy. »

Bien entendu, son interrogateur avait tiqué. Il avait bien essayé de convaincre Arthur qu’il était impossible de rencontrer le grand chef, rien n’y fit. Il serait une tombe tant qu’il ne lui serait pas présenté. Lorsque le commissaire s’en mêla, Arthur ajouta même qu’il ne dirait rien de plus sans l’assurance du Président qu’il pourrait poursuivre sa scolarité dans une des écoles de la classe dirigeante. Le commissaire avait vraiment paru embarrassé. Ils avaient laissé Arthur seul pendant plusieurs heures.

 

Ces moments de solitude l’avaient quelque peu angoissé. Mais son soulagement fut complet lorsqu’on lui annonça que sa demande était acceptée et qu’il pourrait rencontrer le grand patron le lendemain. Seul ces quelques mots du commissaire lui firent froid dans le dos :

« - Vous prenez un grand risque. J’espère que vous sortirez vivant de cet entretien. »

 

 

Leur projet était en bonne voie. Un vent de liberté soufflait à leurs oreilles. Yan et Sonia n’étaient préoccupés que de la construction de leur aérostat. Yan avait pu déserter les cours pour se consacrer à leur projet. L’absence d’un fils d’ouvrier n’était guère remarquée dans son lycée. Par contre, Sonia était dans l’obligation de faire acte de présence, non seulement en cours, mais aussi auprès de sa mère. Dès que la nuit tombait, elle s’éclipsait adroitement du foyer, ses parents la croyant profondément endormie.

 

Elle se faufilait à travers les ruelles qui surplombaient les bas-fonds de Mornia. Ces petites rues étaient comme des ponts qui s’accrochaient aux immeubles à plus de cinquante mètres de hauteur. Elles permettaient aux piétons, ainsi qu’aux autoélectres, des engins de transport électrique, de circuler facilement entre les sommets. Bien souvent, il fallait traverser un pont afin de rejoindre une autre tour. 

 

La nuit où Sonia devait rejoindre Yan était particulièrement sombre. Le ciel nocturne était dissimulé sous une épaisse couche nuageuse, menaçant la population d’une pluie imminente. Ce n’était pas l’idéal pour leurs travaux. Lorsqu’elle le retrouva enfin, il s’affairait avec le robot devant une console en cours d’élaboration. La machine soudait des composants électroniques à l’aide de ses mains mécaniques. Il n’avait aucune ressemblance physique avec un humain, mise à part les mains. Ce n’était qu’un tronc sur roulettes, surmonté d’un œil infrarouge qui lui permettait d’analyser son entourage et de fabriquer ce que son logiciel lui ordonnait. Après avoir embrassée Yan, elle lui demanda :

 

« —Vous en êtes où ?

    On met en place le tableau de bord ! On assemble le tout : manomètre, altimètre et variomètre.

    Intéressant… répliqua Sonia, mais je n’y comprend rien !

    Et bien, pour faire bref, tous ces instruments vont nous permettre de calculer notre vitesse ainsi que la pression atmosphérique. Grâce à eux, on saura s’il faut lâcher plus d’air chaud ou au contraire, ralentir la cadence.

    Ok et pour le reste ?

    Le robot a terminé l’enveloppe. Regarde, elle est ici. »

 

Yan souleva la bâche et découvrit un amas de polyester dont les différentes parties avaient été cousues entre elles pour former le ballon.

 

« —Bien entendu, ça n’a pas beaucoup d’allure comme ça. Mais souviens-toi de notre maquette. Une fois qu’on aura commencé à envoyer de l’air, elle se gonflera tout doucement et s’envolera.

—Oui mais notre maquette avait mis un temps fou à se gonfler ! Combien de temps crois-tu que ça prendra pour notre aérostat ?

—Tu as raison. Je crois qu’il faudra plusieurs heures.

—Il faudra le prévoir pour notre heure de départ. N’oublie pas qu’on est obligé de partir de nuit à cause de moi. Je ne pourrais jamais m’esquiver dans la journée avec toutes mes affaires. C’est trop dangereux.

—Ne t’en inquiète pas, certifia Yan. Je pourrais toujours venir dans la journée. De toute façon, on peut programmer le robot pour qu’il le fasse lors de notre absence.

—C’est vrai. Donc, que reste t-il à fabriquer ?

—La nacelle et les brûleurs. Il reste encore ces deux choses à monter, sans compter l’assemblage de tous les éléments. Disons que j’en ai encore pour deux jours. Vu que je travaille quinze heures par jours, on va vite avancer ! Mais j’ai l’impression de travailler davantage qu’un ouvrier ! Je fais de la compétition à mon père… »

 

Sonia entoura sa taille de ses bras et lui susurra à l’oreille :

 « —Tu es le plus courageux des garçons que je connaisse. Merci beaucoup. »

 

Mais c’était sans compter sur le climat.

 

Lina Carmen

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Published by sflinacarmen.over-blog.com - dans Nouvelle
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commentaires

Malek Hamadou 03/11/2010 18:48


Arthur ! Quel fourbe ! Ben sympa sa façon de remercier Yan pour son cadeau dans le chapitre précédent ! Maintenant les choses se compliquent. Yann va avoir la police sur le dos et ses plans
pourraient bien être compromis ! On attend donc la suite ! Tu l'as écrite ?


Lina Carmen 04/11/2010 20:57



Et non ! Je n'ai pas encore écrit la suite. J'ai eu des problèmes de santé récemment qui m'ont pris toute mon énergie. J'espère m'y remettre cette semaine.


Bonne soirée !


Lina



Caliope 14/10/2010 16:26


Coucou, alors là que tu es mis un lien vers les chapitres précédents, c'est super ! J'ai lu le résumé et je me suis demandée ce que ça donnerai si c'était le personnage de Yan qui parlait,
peut-être que ça donnerait plus de "punch" à cette présentation.
Je te souhaite une bonne aprèm,bisous.


sflinacarmen.over-blog.com 14/10/2010 17:05



pourquoi pas ! C'est une idée originale. Je changerai pour le prochain chapitre.


Bisous


Lina