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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:00

Mon nouvel objectif : écrire un roman jeunesse afin de participer à un concours chez Gallimard. J'ai donc corrigé le premier chapitre de l'émeraude oubliée afin de l'adapter au 14-18 ans. Je suis ouverte à toutes critiques. Dites moi ce qui ne va pas. Merci !

 

(PS : Je ne comprends pas pourquoi, la suite est en noire, désolé si c'est moins lisible, mais impossible de le changer !!!)

 

 

Les nappes de brouillard encerclaient les immeubles de leurs bras blanchâtres. La lumière du soleil ne parvenait jamais jusqu’aux fondations de ces tours de bétons qui masquaient la couleur du ciel. C’était ainsi depuis plusieurs générations. Mornia, une ville terne et lugubre qui enfermait ses habitants d’un large et haut mur infranchissable. On apprenait dans les salles de classe que milles dangers couvaient au-dehors. Personne ne pouvait donner de détails, mais tous affirmait qu’une mort certaine les attendait au-delà des murailles. Yan savait tout cela mais il ne s’en préoccupait guère. Jeune collégien de quinze ans, il rêvait plutôt à la vie des habitants d’en-haut. Car les choses étaient organisées ainsi : les pauvres vivaient dans le « smog »des bas-fonds, un brouillard permanent, et les plus riches résidaient dans le confort luxueux des lointaines hauteurs.

 

Après les cours, il avait prit l’habitude de traîner dans une salle de jeu. Il y passait la majorité de ses soirées, dépensant ses maigres ressources dans des batailles virtuelles. Il y rencontra nombres de personnes, de tout âge, mais la plupart l’avaient amené à de mauvaises habitudes. Jusqu’à ce jour où… il fit la plus belle des rencontres.

 

Il venait de perdre son combat contre des ogres assoiffés de sang quand il entendit une voix derrière lui :

 

« Beurk, c’est écœurant. Ils ont vraiment misé sur le sang et les boyaux dans ce jeu. »

 

Yan leva les yeux vers la source de ces quelques mots. C’était une fille de son âge, emmitouflée dans une cape grise élimée. Face à son air étonné, elle ajouta :

 

— C’est assez réaliste, même si les ogres n’existent pas.

 

Et qu’est ce que tu en sais ? Il y en a sûrement au-delà des murailles.

 

— Tu crois à ces balivernes ?

 

Je crois que tout est possible, le bon comme le mauvais. Les ogres peuvent exister et qui sait ? Je pourrais devenir riche un jour !

 

—Ah ! Tu voudrais devenir riche…

 

— Et qui ne le voudrait pas ?

 

Elle ne répondit pas à cette dernière réflexion mais elle semblait perdue dans ses pensées. Yan en profita pour la dévisager avec assiduité. Il admira ses yeux d’un vert pétillant, sa peau blanche aux teintes rosées et son sourire aux lèvres garance… Son cœur chavira sous la contemplation de ce visage angélique.

 

Yan se leva et lui fit face. Petite et menue, elle lui arrivait juste aux épaules. Il la dominait malgré sa propre petite taille : 1 mètre 65.

 

Il lui sourit :

 

— Je m’appelle Yan.

 

— Moi c’est Sonia.

 

Un nouveau silence s’installa. Sonia prit le temps de l’observer. Les traits tirés, les yeux cernés, le teint malade, il faisait peine à voir. Les nombreuses heures devant l’écran avait eu raison de sa vigueur juvénile. A moins que ce ne soit l’atmosphère pollué qui peuplait les bas-fonds. Malgré tout, elle discerna dans ses yeux noisette une vitalité peu commune : son regard pétillait de rêves.

 

Elle sourit. Ce jeune garçon lui rappelait l’espoir qu’elle recherchait avidement. Elle eu soudain terriblement envie de le connaître.

 

—Toi aussi tu aimes les « Danny Dog » ? lui demanda-t-elle en lui désignant le collier qu’il portait à l’effigie du groupe de rock. 

 

Oui, eux au moins, ils font de la vraie musique. Ça déchire ! 

 

— D’accord avec toi. Le guitariste, Norman Sheppman est un génie !

 

Quand il attaque son solo, c’est mortel !

 

 

 

Yan ne pouvait s’empêcher de scruter le visage séraphique de Sonia. Gênée, elle commençait à rougir. Cet excès de couleur ne rendait sa contemplation que plus attrayante. 

 

—Tu veux faire un tour ? demanda Yan. 

 

— Où ça ? 

 

—On pourrait aller au « Chien hurlant ».

 

Le « Chien hurlant » ? C’est quoi ? questionna Sonia. 

 

— Tu connais pas le « Chien hurlant » ? Bon, d’accord, les groupes qui s’y produisent ne valent pas les « Danny Dog » mais eux, ils jouent que devant les friqués. Tu viens d’où ? 

 

Oh… je suis pas vraiment du coin. 

 

— Ouais, faut vraiment être de loin pour pas connaître le « Chien hurlant ». Tous les jeunes connaissent !

 

Sonia sentait bien qu’il attendait une explication. Mais elle ne le connaissait pas… Comment lui faire confiance ? Une partie d’elle, séduite par la désinvolture de Yan lui disait de tout lâcher, tandis que l’autre, plus raisonnable, lui ordonnait de se taire. Finalement, ce fut des circonstances extérieures qui lui dictèrent la conduite à tenir.

 

« Rend-les moi j’te dis ! J’les veux tou’d’suite ! »

 

Un homme à la mine patibulaire molestait l’un de ses congénères. Il le tenait d’une main et de l’autre, menaçait de le gifler. Irrité devant les jérémiades peu acceptables de sa victime, il extériorisa sa colère en le poussant violemment.

 

Il atterrit sur Sonia.

 

Dans un élan chevaleresque, Yan se précipita pour tenter de la rattraper. Trop Tard. Sonia s’étalait de tout son long sur le sol carrelé, le poids d’un corps lui coupant tout mouvement.

 

« Dégage de là toi ! »

 

Yan était furibond. Il empoigna le pauvre souffre-douleur pour le balancer un peu plus loin.

 

— Sa va ?

 

— Oui, merci.

 

Il aidait Sonia à se relever quand il aperçut un objet insolite.

 

— C’est quoi ça ? dit-il en ramassant un cylindre de la taille d’un crayon.

 

—C’est à moi ! s’écria Sonia en le lui arrachant des mains pour le ranger rapidement dans une poche en dessous de sa cape. 

 

J’ai déjà vu ça, déclara Yan. C’est une clé électronique. Comment t’as eu ça ? Seul les flics et les friqués en ont. Soit tu l’as volé, soit t’es une friqué. J’crois pas que les flics embauchent si jeune.  

 

Sonia était embarrassée. Elle n’aimait pas mentir et puis…Yan lui plaisait. Elle avait envie de lui faire confiance. Elle plongea son regard dans le sien, lui sourit et s’exclama : 

 

— Comme ballade, j’ai mieux à te proposer. Un endroit où t’as jamais mis les pieds. 

 

Un endroit où on ouvre les portes avec ta clé magique ? demanda Yan avec espoir. 

 

—Oui, murmura t-elle dans un souffle. 

 

Yan la suivit dans le dédale des rues jusqu’à un ascenseur. Ces derniers étaient beaucoup moins nombreux que les tramways qui transportaient la populace de façon horizontale.

 

Ils attendirent, à l’abri des regards, que les environs soient dégagés. Quand la voie fut libre, ils se précipitèrent sur la porte close. Sonia appuya sa clé sur le cercle métallique. Un bip précéda l’ouverture et ils s’y engouffrèrent.  L’engin s’éleva. La porte vitrée leur permettait d’apprécier le voyage.

 

Rapidement, ils dominèrent les vapeurs grises et entrevirent les balcons qui surplombaient le brouillard. Ils étaient déjà dans le domaine des riches. Ces résidences de grand standing étaient garnies de baies vitrées qui, le jour, laissaient entrer une flamboyante luminosité. Des ponts reliaient les immeubles entre eux et les Autoélectres, des voitures électriques, assuraient le transport.

 

Une fois sorti de l’ascenseur, Yan ne pu s’empêcher d’admirer la propreté et le silence des lieux. A cette heure de la nuit, peu de monde déambulaient sur les routes suspendus et ils purent circuler à pied sans aucunes difficultés. 

 

Enfin, ils arrivèrent à destination. Sonia l’avait emmené au plus haut d’une tour. Même les friqués n’avait pas le droit d’accéder aux toits des immeubles. Mais elle recelait d’ingéniosité pour trouver des accès aux lieux interdits. A croire qu’elle faisait ça toutes les nuits.

 

Ils dominaient toute la ville. Lorsqu’ils baissaient les yeux, ils avaient l’impression d’être suspendu au-dessus des nuages. Aucun son ni aucun visuel ne parvenaient du sol. A moins de s’y frotter, on ne pouvait soupçonner l’agitation qui s’y déroulait. Au loin, ils apercevaient les lumières des ponts et des routes. Mais au-delà, c’était le noir complet. 

 

« Dans quelques heures, le jour va se lever. Je te propose d’attendre. Il y a quelque chose que tu dois voir », lui proposa Sonia. 

 

Ils employèrent leur temps à faire connaissance. Sonia lui expliqua qu’elle habitait ici, dans le quartier des « friqués » comme les gens d’en bas les appelaient. Ceux d’en haut disaient, avec beaucoup d’arrogance, qu’ils étaient les intellectuels, les têtes pensantes de l’humanité et que sans eux, les gens d’en bas ne pourraient survivre. C’était l’ennuie qui l’avaient décidé à braver les interdits pour découvrir la vie d’en bas. Elle ne s’attendait pas à y rencontrer une telle misère…

 

Yan lui raconta combien il s’ennuyait lui aussi et qu’il espérait quelque chose de mieux…mais quoi ? Et où ? Peut-être ici, chez les friqués. Mais il n’y avait aucun moyen de gravir les échelons.

 

La fraîcheur de la nuit les surpris et Sonia étala sa cape sur les épaules de Yan pour se pelotonner contre lui. C’est ainsi qu’ils contemplèrent le lever du soleil.

 

Yan n’avait jamais vu le soleil et encore moins ce qui allait suivre… Ce fut une mosaïque de couleurs qui se déballa doucement à leurs yeux. Une boule orangée encerclée de rayons dorés émergea tout d’abord de la noirceur de l’horizon. Puis, une palette de jaune, de rose et de rouge éclatèrent successivement autour d’un soleil qui s’éclaircissait progressivement pour atteindre un jaune étincelant. Petit à petit, le luminaire resplendissant prenait de la hauteur tandis que les couleurs s’effaçaient pour laisser place à un bleu foncé qui vira délicatement vers un bleu plus tendre. Yan était stupéfié devant tant de beauté. Il n’avait jamais vu autant de couleurs de sa vie. Sonia l’observait du coin de l’œil, amusée devant son air béat.  Mais ce ne fut pas tout. Car lorsque le jour se fit plus clair, Yan vit au-delà du mur, au-delà des immeubles. C’était tout un monde qui s’ouvrait à son regard. Un monde où le vert était Roi. Un monde fait d’arbres, de buissons, d’arbustes, d’herbes, de fleurs… Ils n’en avaient qu’un aperçu lointain, mais ce tapis de verdure luisant sous un ciel coloré resta gravé dans leurs mémoires. A partir de ce jour, il n’espéra qu’une seule chose, atteindre cet océan émeraude.



De Lina Carmenlever-soleil.jpg

 

 

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Published by Lina Carmen - dans écriture
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commentaires

arnoux 09/05/2012 13:02

Je ferais la lecture ce soir et te réponds en même temps pour mes notes a ce soir lina
merci de ton com

Lina Carmen 10/05/2012 11:04



Merci d'avance pour ton aide !