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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 23:16

 

Nävis10Naly sondait le paysage environnant. Ce n’était que mort et destruction. A ses pieds gisaient les cadavres des guerriers qu’elle avait vaincus. Leurs yeux vitreux grands ouverts n’avaient plus que l’expression d’un immense vide. C’était elle qui leur avait enlevé la vie. De combien d’êtres avait-elle abrégés l’existence ? Elle n’en avait pas fait le compte. Elle combattait depuis si longtemps…

Elle se devait de protéger son peuple. Depuis toujours leurs terres aux ressources illimitées étaient enviées par diverses peuplades. Leurs mines recelaient de diamants et leurs fleuves d’or. Depuis des temps immémoriaux ils se battaient pour préserver leurs richesses. Ils vivaient dans l’opulence, il est vrai. Mais pour préserver cette vie, ils étaient aussi devenus de farouches guerriers. Force de leur expérience et de leur détermination, ils avaient toujours su repousser l’ennemi. Mais que ce soit la misère ou l’avidité, beaucoup continuaient leurs assauts incessants.

Parmi son peuple, elle était devenue le plus grand d’entre eux. Son obstination et son courage l’avaient érigé au rang de chef. Elle commandait depuis des années une armée d’un millier de guerriers. Elle aurait pu rester à l’arrière et éviter le danger, mais c’était plus fort qu’elle. Une rage l’habitait. Elle avait besoin d’extérioriser la violence qui lui emplissait le corps à coup d’épée dans la chair de ses adversaires.

Aujourd’hui, les choses étaient différentes. C’est cette enfant qui avait tout changé. Ils avaient poursuivi leurs ennemis jusqu’à un village de montagne. Ces lâches se cachaient au lieu de se battre. Elle et une vingtaine de ses meilleurs guerriers les avaient débusqués. Ils avaient enfoncé les portes, fouillé les maisons, renversant les meubles à leur recherche. Finalement, ils les avaient trouvés. Pas de prisonnier. C’était sa règle. Sa règle à elle, la chef de l’armée la plus sanguinaire de toutes les peuplades du monde… Elle avait ordonné qu’on les brûle vif. Elle avait regardé les flammes arracher des hurlements de douleurs à ses victimes. Pas un seul sentiment de pitié n’avait traversé son cœur.

Et pourtant… Quand elle vit le regard de cet ange, cette enfant qui respirait l’innocence et la bonté… Elle n’y vit que haine farouche à son égard. L’ange empli de douleur ouvrit la bouche et ces quelques mots sortirent de ses délicates lèvres écarlates : « Monstre ! Tu es un monstre ! »

C’était elle et elle seule qu’elle traitait de monstre. Une piqûre fugace lui brûla la poitrine. Elle revit en quelques instants tous ces morts qu’elle côtoyait chaque jour. Elle avait endurci son cœur, cherchant à taire les remords qui l’assaillaient. Elle y était si bien arrivée qu’elle s’était convaincue de son insensibilité. Elle était forte. Rien ne pouvait l’émouvoir. Elle avait décidé, il y a longtemps de n’avoir aucune pitié pour tout ceux qui voudraient porter atteinte à leur tranquillité.

Mais quelle tranquillité avait-elle ? Aucune. Elle était toujours en guerre. Nuit et jour. Etait-ce sa vraie nature ? Elle le croyait, jusqu’à ce jour. Jusqu’à ce qu’elle entende ces quelques mots : « Tu es un monstre. » Etait-ce ainsi que les gens la percevaient ? Qu’était-elle en vérité ? Elle avait pourtant continué la bataille, le lendemain et les jours qui suivirent. Mais le visage de cette enfant et les paroles qu’elle avait prononcé lui revenaient sans cesse.

Encore une journée de victoire pour son peuple… Naly scrutait les environs. Le sang avait encore coulé à flot aujourd’hui. Et son cœur ? Etait-ce celui d’un monstre ? Non… elle ne le pensait pas. Car si elle ne le maîtrisait pas, il fondait en larme constamment. Elle n’était pas sans cœur. Elle en avait bien un. Quand pourrait-elle l’écouter ? Et pourquoi pas immédiatement. Oui, c’était décidé. C’était aujourd’hui qu’elle rendrait les armes pour toujours. Plus jamais elle ne combattrait. Elle allait laisser la violence et la hargne sur ce champ de mort.

Elle leva les yeux vers ses guerriers qui attendaient ses ordres . « Aujourd’hui mes fidèles compagnons, vous allez vous trouver un nouveau chef. La guerre, c’est fini pour moi. Je rends les armes. » Elle jeta alors son épée qui se figea dans le sol, non loin d’une de ses victimes. « Dorénavant, je chercherai le calme et la sérénité. Je sais que notre peuple ne connait pas ces mots, c’est pourquoi je partirai à la recherche d’un lieu ou je trouverai la paix. Adieu mes amis. »

Naly enfourcha son cheval et s’éloigna. Personne n’avait osé arrêter cette guerrière redoutée.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:29

SF6 (2)

 

Liam attendait patiemment que le directeur la fasse entrer dans son bureau. Encore une convocation ! Elle en avait assez de ces grands benêts qui n'y comprenaient rien.

 

Un grand gaillard d'un mètre quatre vingt ouvrit enfin la porte pour lui lancer avec froideur : "C'est à vous mademoiselle !".

C'était lui, le directeur. Il était plutôt impressionnant avec sa carrure d'athlète et son visage de militaire. Mais pas assez pour Liam qui n'avait peur de rien.

 

D'ailleurs, elle lui asséna un regard plein d'audace pour bien lui signifier qu'il ne lui faisait ni chaud, ni froid. Une manière de lui exprimer que cette entrevue ne changerait rien.

 

Il s'installa dans son fauteuil dernier modèle et lui fit signe qu'elle pouvait prendre place dans la moitié d'œuf qui devait lui servir de siège. Elle détestait ces « reposes fesses » qui manquaient totalement d'imagination. Comme tout dans son monde d'ailleurs.

 

L'humanité était arrivée à un tel degré de technologie qu'elle s'était sentie obligé de tout réduire à l'essentiel et bien entendu, à une seule teinte de couleur pour l'ameublement : le gris.

 

Ils pouvaient bien avoir des engins volants, des pistolets à rayons lasers, des pilules rajeunissantes ou être passé maître dans l'art de la création in-vitro, de la conquête de l'espace ou du commerce intergalactique, tout cela n'était que chimère pour Liam. Vapeur d'eau qui ne prendrait sa valeur que si elle pouvait repasser à l'état liquide.  Ce qui n'était pas pour maintenant apparemment.

 

"- Bien, vous devez vous douter de la raison de cet entretien n'est-ce pas ?

- Mouais, ronchonna t-elle, indifférente.

- Puisque vous n'avez pas l'air de désirer vous rappeler vos méfaits, je vais le faire pour vous."

 

Il glissa ses mains sur son bureau et une fenêtre informatique s'agrandit sous ses doigts :

"- Voyons, vous avez tout d'abord saboté une expérience en cours de chimie,

- Je n'ai rien saboté ! le coupa t-elle. J'ai juste tenté autre chose. On avait toutes sortes d'éléments à notre disposition, pourquoi se contenter d'une seule formule ?

- Tout simplement parce que c'était ce que vous demandait votre professeur ! Vous n'avez pas à sortir des consignes, c'est la base de la discipline !

- Poufff!!! souffla t-elle excédée.

- Et ne me manquez pas de respect par la même occasion ! " hurla t-il en tapant du plat de la main sur la table.

 

Liam reprit contenance et le fixa droit dans les yeux. Agacé, le directeur reprit ses reproches :

"- Vous avez repeint les toilettes des filles en rose....

-C'est ma couleur préféré, se dit-elle, c'est si sinistre en gris !

- D'ailleurs, on se demande comment vous avez fait pour vous la procurer.

- Il m'a suffit de la fabriquer idiot ! continua t-elle à se dire.

- Et pour couronner le tout, vous avez dérangé le travail de vos camarades de classe en tapant sauvagement sur les murs !

- Je faisais de la musique et non du bruit, imbécile ! J'ai le rythme dans la peau moi, pas comme toi, gros lourdaud.

- On se demande vraiment ce qui peut bien se passer dans votre tête ! Et tout ceci depuis votre dernière convocation, qui ne remonte qu'à huit jours ! Pouvez-vous m'expliquer votre comportement mademoiselle ?"

 

Il fit enfin une pause et la scruta intensément. Mais que voulait-il qu'elle lui dise ? La vérité ? Mais pourrait-il comprendre qu'elle détestait cette société qui n'était focalisée que sur les activités qu'elle jugeait utile ?

 

Pratiquement personne ne savait ce qu'était la musique, la peinture, la danse ou la poésie. Tout ceci avait disparu pour laisser place à une économie accès sur la réussite. Chacunes de leurs actions devaient permettre à la société de survivre, tout travail devait concourir à nourrir, loger, procréer, soigner...

 

La survivance du plus fort devait passer par les efforts assidus de chaque habitant. Et ils n'avaient pas le choix s'ils voulaient le minimum vital. Toute personne inutile à la société était tout simplement effacée.

 

Elle savait tout cela car elle avait eu un grand-père clairvoyant qui, enfant, avait connu les joies que pouvaient procurer la connaissance des différents arts considérés comme stériles aujourd'hui. Il l'avait aidé à développer son imagination et elle était très douée pour ça. Mais bien entendu, ce directeur si fidèle à la discipline, ne pouvait pas comprendre.

 

Elle se contenta de répondre :

"- J'en sais rien, j'ai pas réfléchi.

- Vous n'avez pas réfléchi ? répéta t-il abasourdi. Je n'ai plus le choix, je suis obligé de vous livrer aux Redresseurs, ajouta t-il d'un ton dépité. Je vais les contacter immédiatement et ils viendront vous chercher.

- Quoi ??? s'exclama Liam."

 

Il ne pouvait pas lui faire ça ! Les Redresseurs étaient de vrais sadiques qui faisaient des lavages de cerveaux  à leurs prisonniers. C'était la mort assurée de son esprit.

 

"- Attendez-moi ici, je vais les appeler dans une autre pièce."

"- Oui, c'est ça, barre toi se dit-elle. Comme si j'allais attendre sagement qu'on vienne m'emmener en enfer."

 

Dés qu'il referma la porte, elle se précipita sur son bureau et chercha à l'ouvrir. Bien entendu, tout était bouclé ! Elle ne pouvait pas espérer y trouver une arme. Il ne lui restait plus qu'à s'enfuir, à défaut de se battre.

 

La porte était verrouillée elle aussi. Par contre, la fenêtre n'était qu'une simple vitre en verre. Elle la fracassa d'un coup de pied grâce à ses bottes renforcées. Bien entendu, pour compliquer le tout, elle était au quatrième étage ! Qu'importe, elle n'était pas sujette au vertige. Elle se faufila par l'ouverture et posa son pied sur le rebord.

 

Heureusement, le mur métallique comportait de nombreux interstices où elle pouvait poser le bout de ses pieds ainsi que l’extrémité de ses doigts. Sa descente ne fut pas aisée mais elle était assez souple pour y parvenir. Tandis qu'elle s'échappait, elle perçut des vas et vient dans le bâtiment. On avait certainement remarqué son absence... Elle devait faire vite si elle ne voulait pas se faire prendre !

 

Après de nombreux efforts, elle retrouva le plancher des vaches. Elle scruta les environs. Rien en vu. Elle courut alors à toute vitesse pour sauter sur sa moto qui s'envola rapidement au sixième niveau. A partir de maintenant, elle serait considérée comme une rebelle. Cette idée ne l'attrista pas. Bien au contraire, un sentiment de liberté lui étreignit la poitrine.

 

De Lina Carmen

 

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