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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 19:39

"Un jour Mange-Monde sortit de la mer. Mange-Monde, l'ogre qui dévorait un pays entier à chaque repas et dont la légende allait terrifier des millions d'enfants... Toutes les cartes, tous les relevés géographiques n'avaient plus aucun sens... Alors il fallut retailler la Terre, donner un nouveau visage à cette planète défigurée par une guerre dévastatrice. Alors sonna l'heure des sculpteurs de continents, ces chirurgiens esthétiques sillonnant des océans sur des vaisseaux bourrés de dynamite. L'un d'entre eux, dans le compte à rebours d'une mémoire en train de s'effacer, nous livre les souvenirs d'un monde qui a fini par s'autodévorer..."

 

Un roman à lire ! J'ai été subjugué par l'étendue de l'imagination de Brussolo : elle est sans limite ! Il a imaginé une guerre qui consiste à lancer des bombes sismiques qui détruisent les continents petit à petit. Une fois lancées, elles peuvent dévorer la terre pendant des années. Le bord du monde se rapproche et l'on raconte aux enfants qu'il s'agit d'un ogre qui dévore la terre.

On suit donc Mathias qui a grandi dans une France qui s'émiette un peu plus chaque mois. Avec sa mère au départ, puis seul, il fuit le bord du monde, cherchant asile avec quelques difficultés.

Finalement, il entame des études à l'"académie" ou il apprend le maniement de la dynamite afin de redessiner la France. Ou plutôt de nombreuses France miniatures car naturellement, au bout d'une quinzaine d'années, il ne reste plus que des milliers d'îlots. Nostalgique, les habitants des îlots appellent donc des artistes comme Mathias pour transformer leur île en petite France, malgré une superficie moindre.

Une histoire originale, agrémentée d'une écriture fabuleuse, avec de nombreuses images et comparaisons, un vocabulaire riche et varié, bref, un vrai plaisir ! A consommer immédiatement !mangemonde.jpg

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:53

Voici le premier texte écrit par un nouvel auteur prometteur, je vous laisse découvrir Romu avec le titre : Un endroit de rêve.

 

 

« Ça y est ! Nous y sommes enfin ! »

Après deux heures d’hélico, je distinguais enfin cette île oubliée. Elle a été trouvée grâce aux photos du satellite Google. Je vais être le premier à pouvoir l’explorer et peut-être rencontrer un peuple encore inconnu.

L’hélico se rapprochant, c’est un magnifique panorama qui s’offrit à nous : eau cristalline, sable doré, plantes et arbres aux couleurs entremêlées de rouge et bleu, et de nombreux oiseaux colorés digne des derniers films pixar.

L’hélico me dépose enfin. Je suis le premier à poser un pas sur cette nouvelle terre : un petit pas…alors que je voulais me la jouer à la « Armstrong », je m’aperçois que le sable, bien qu’ayant tout de l’aspect du sable, possède une propriété particulière. Mes traces disparaissent au fur et à mesure que j’avance. Du coup, je ne suis plus sûr d’être le premier à avoir mis le pied sur cette île. Cette particularité mise à part, cette île est un endroit de rêve ! Aucune pollution, une eau limpide, un climat tempéré…

Je décide de partir vers la forêt où la végétation me semble de plus en plus bizarre. Je me rends compte avec étonnement, que celle-ci est translucide et fluorescente. Alors que je touche ce qui semble être une feuille, je suis intrigué par le bruit d’un animal. Difficile de définir si c’était un rugissement ou les piaillements d’un oiseau. Je retouche « la feuille » et de nouveau j’entends ce même bruit. Mais cette fois, un immense oiseau sort de derrière les arbres. Il est bleu luminescent avec des traits blancs opaques. Il a deux grandes ailes et une queue avec des feuilles. Apparemment, je l’ai dérangé. Il agite ses ailes et de nouveau pousse son hurlement. Prenant peur, je cours à travers cette forêt.

Je retrouve de nouveaux la plage, mais il semblerait que ce ne soit pas celle où je suis arrivé, car l’hélico n’est plus là. À moins que le sable l’ait fait disparaître, tout comme mes pas. En regardant au loin, je vois des arbres à l’apparence de palmiers. Je décide de m’en approcher. Plus je m’en approche, plus je constate là encore, qu’ils sont translucides. Mais je vois également, posté à côté, un crabe. Enfin quelque chose que je connais. Plus je m’en approche et plus celui-ci grossit, dépassant même les fameux crabes découpeurs de coco. Soudain, il semble passer à l’attaque. Prenant peur, je m’enfuis vers la forêt, pensant qu’il ne pourrait pas me suivre. Après tout, mes traces ne pouvaient être suivies ! Mais je me rends compte que celui-ci en pince pour moi et continue de me chasser. Il devient de plus en plus gros. Il a atteint un bon trois mètres de haut, et passe aisément à travers la forêt qui semble lui ouvrir le chemin. Je n’arrive plus à avancer ! Je suis pris au piège.

« Aaahhhhhh !! »

Essoufflement. Respiration haletante. Qu’est-ce qui se passe !?!!

« La semaine prochaine sur TF1, retrouvez Nicolas Hulot à la découverte du peuple Maya… »

Et voilà, je me suis encore endormi devant la télé ! Faut vraiment que j’arrête de regarder la télé au lit !

 

Lorax2.jpg 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:33

Le squelette endormi

Une enquête d’Etienne Dherbet

 

« Salut Dherbet ! Déjà au boulot ? »

Etienne sourit à Nasser Mayoud. D’un tempérament joyeux, son collègue lui opposait un visage empli de gaieté. Une attitude bien loin de la sienne, lui qui avait la renommé d’être le lieutenant de police le plus taciturne du commissariat.

— J’avais de la paperasse à finir. Je suis venu plus tôt.

— Moi, j’ai eu un mal fou à me lever ce matin. Le petit dernier n’a pas arrêté de pleurer !

— Tu t’es levé pour le calmer ? demanda Etienne, le sourcil relevé par l’incrédulité.

— Nan ! Ça, c’est le rôle de Samira. Mais il fait un tel vacarme que c’est dur de dormir !

Nasser s’était avachi sur son fauteuil, les mains derrière la nuque, tel un vacancier à la plage. Sa nuit mouvementée n’avait pas altéré sa bonne humeur.

Le téléphone sonna.

« Lieutenant Dherbet, j’écoute. Oui… je note… très bien, on arrive. »

Etienne raccrocha et se leva prestement.

— Au boulot Mayoud ! On a un cadavre qui nous attend.

— C’est parti ! Un peu de mouvement finira par me réveiller !

Les deux collègues rejoignirent le parking du commissariat et empruntèrent une voiture électrique. C’était une de ces petites autos que la municipalité avait acquise par souci d’économie. En cette année 2030, le coût du pétrole étant exorbitant, les solutions rentables étaient les bienvenues.

Une fois sur place, les deux policiers s’arrêtèrent devant une vieille bâtisse défraichie encastrée entre deux immeubles. Policiers et pompiers s’agitaient dans un bruissement d’abeilles travailleuses. Une certaine effervescence se dégageait de cette maison à la façade vieillissante. Curieux, Etienne et Nasser se hâtèrent d’apostropher le chef des pompiers.

— Lieutenant Dherbet et Mayoud. Vous pouvez nous expliquer ce qui se passe ?

— Oui, il n’y a pas grand-chose à dire. Mes hommes et moi avons été appelés pour entrer dans cette maison et nous avons retrouvé l’occupant, mort dans son lit.

— C’est un membre de la famille qui s’est inquiété ?

— Non, c’est le propriétaire de l’immeuble de droite. Une de ses locataires s’est plainte d’infiltration. Il a essayé de contacter la victime, en vain. Ne l’ayant pas vu depuis longtemps, ils se sont inquiétés. Ensuite, nous sommes entrés en scène !

— Bien, nous allons voir le cadavre.

— Accrochez-vous bien.

— Pourquoi ? demanda Mayoud. L’odeur est insupportable ?

— Ce n’est pas vraiment ça… disons que c’est assez impressionnant.

— Ah ! J’ai pas envie de voir Dherbet vomir son p’tit déj !

— Arrête tes pitreries et suis-moi, répondit Etienne, impassible.

Dès qu’ils mirent un pied à l’intérieur, une odeur rance et étouffante les pris à la gorge. Des monticules de poussières clairsemaient les meubles tandis qu’un labyrinthe de toiles d’araignées égayaient les plafonds. Les marches grincèrent sous leur pas, soulevant quelques nuages de poussières. A l’étage, un policier leur indiqua la chambre, les abandonnant immédiatement, le nez dans un mouchoir.

L’air vicié les fit suffoquer.

— On peut pas ouvrir les fenêtres ? interrogea Nasser.

— Pas avant que le corps soit emmené. La police scientifique ne va pas tarder.

Etienne s’approcha du lit. Sa stupeur fut complète. Un squelette blanchâtre surmonté d’un pyjama crasseux dormait sur son lit tombal.

— Mais c’est quoi ça ? s’étonna Nasser. Il est là depuis quand ?

— J’en sais rien. En tout cas, ça fait un petit moment qu’il est mort.

Ils en avaient assez vu. Ils décidèrent de sortir afin de respirer au grand air. La police scientifique arriva à ce moment là. Une jeune femme blonde, revêtu de l’équipement de protection indispensable aux membres de la police scientifique, descendit de la fourgonnette. Un homme plus jeune la suivait de près.

— Lydia ! s’exclama Nasser. Tu tombes bien, on a une petite surprise pour toi ! Elle se trouve au premier et à mon avis, tu vas bien t’amuser !

— Nasser Maoud ! Toujours aussi joviale à ce que je vois ! Bonjour Etienne. Si j’ai bien compris, la victime est à l’étage ?

— Oui, dans sa chambre. Si tu pouvais l’emmener rapidement, ça m’arrangerait.

— Bien sûr, Matthias et moi nous en occupons immédiatement.

Les deux médecins les quittèrent, prêts à se mettre au travail.

— C’est quoi le programme maintenant ?

— On attend la juge d’instruction, elle ne devrait plus tarder.

— Ah oui ! Aleyna ! Elle a un peu de retard.

La juge d’instruction, Aleyna Kiliç, une jeune turc aussi compétente que jolie, fit son entrée au moment où Lydia et Matthias sortaient avec le corps.

— Qu’en dis-tu Lydia ? Il est mort depuis combien de temps ?

— Tu as vu son état ? Il est mort depuis plus de dix ans !

— Mais… il s’est décomposé dans son lit ?

— Oui Etienne, tous les indices prouvent qu’il est mort dans son lit, il y a plus d’une dizaine d’années.

Aleyna s’approcha du petit groupe, impatiente de connaitre la situation :

— Bonjour tout le monde, alors qu’est-ce que ça donne ? Je peux voir la victime docteur ?

Lydia défit la fermeture, dévoilant le crâne nu.

— Et bien ! On n’en rencontre pas tous les jours des cadavres comme celui-là ! Vous pensez qu’il a été tué ?

— Tout porte à croire qu’il est mort naturellement. Mais je vais essayer d’en apprendre un peu plus en examinant ces restes.

— Bien. Vous pouvez y aller. Mayoud et Dherbet, ça vous dit une petite fouille ? Il faut qu’on en apprenne un peu plus sur la victime.

— Moi je veux bien, mais avant tout, j’ouvre toutes les fenêtres !

Nasser s’élança à l’intérieur, mettant son projet à exécution tandis qu’Aleyna inspectait les différentes pièces. Etienne s’était attaqué à une commode aux tiroirs profonds, débordant de papiers divers.

Mayoud revint de la cuisine, une grimace sur le visage :

— Pouah ! Tu verrais le frigo, c’est une horreur ! Une vraie culture de moisissures !

— J’ai ici plusieurs factures d’électricité au nom d’Alfredo Perez. Les plus récentes date de 2015.

— 2015 ? Tu veux dire qu’il serait mort depuis 15 ans ?Wouah ! Quelle histoire !

— Ce qui m’intrigue, c’est que l’eau et l’électricité n’ont pas été coupées.

— Oui, et aucun courrier derrière la porte d’entrée, ajouta Aleyna qui venait de faire son apparition dans la salle à manger. C’est assez étrange à vrai dire. Tout indique que cette demeure n’a pas été entretenue depuis longtemps et pourtant on dirait que le courrier a été ramassé.

— Vous voulez dire que quelqu’un serait venu le ramasser ? demanda Etienne à Aleyna.

— Je ne sais pas. Je ne fais qu’exposer les faits. Pour le moment.

— Ou bien… tenta Nasser, c’est peut-être le mort qui a lu son courrier et payé ses factures !

— Restez professionnel Mayoud, le gronda Aleyna. Bon, je vous laisse terminer la fouille, j’ai un premier compte-rendu à rédiger.

Etienne regarda Aleyna s’éloigner. Ses pas emportèrent sa silhouette affinée par des bottes à talons hauts. Elle avait la démarche à la fois élégante et assurée de la femme d’affaire.

— Eh ! T’as fini de la regarder comme ça ? Tu vas finir par baver !

— T’as jeté un œil à l’étage ?

— C’est bon, j’y vais !

Les deux policiers fouillèrent minutieusement toute la maison. Ils avaient l’impression que le temps s’était arrêté en 2015 : les journaux, les dates de péremption, les lettres et les factures, tout laissait à penser que cette vielle bâtisse nauséabonde était devenue la demeure tombale de son propriétaire. Tel un pharaon dans sa pyramide, Alfredo Perez avait fait le grand voyage entouré de ses biens (pas très précieux mais c’était certainement ce qu’il avait de mieux).

— Allons voir Lydia, déclara Etienne.

— Le squelette te manque déjà ?

— Elle aura peut-être des détails à nous donner sur les circonstances de sa mort.

Les résultats ne furent pas très probants. Lydia lui expliqua que le squelette ne lui avait rien appris.

— Il est certainement mort d’une crise cardiaque, dit-elle. Après tout, il avait 76 ans !

— Mais si on l’avait étouffé, pourrais-tu le voir ?

— Peut-être pas mais quand-même, quand on appuie fortement sur le visage ou la trachée, on risque d’y laisser des marques.

— Bien, merci Lydia.

Etienne se dit qu’elle avait peut-être raison. Après tout, on l’avait retrouvé dans son lit, en pyjama. En somme, une très belle mort ! Peut-être meilleure que son existence puisque pendant 15 ans, personne n’avait remarqué son absence. D’ailleurs cette idée était des plus étonnantes. Pourquoi les voisins n’avaient rien remarqué ? Cette indifférence le stupéfiait.

Un coup de fil d’Aleyna réveilla ses soupçons.

« J’ai pensé à son courrier. Je me suis dit qu’il avait peut-être une boîte postale. Pouvez-vous vérifier ? »

L’idée était plausible. Mais dans ce cas, la poste aurait dû remarquer son absence ! Et comment avait-il continué à la financer ?

Lorsqu’ils trouvèrent une boîte postale au nom d’Alfredo Perez, Nasser ne put s’empêcher de lancer, à demi sérieux :

— Tu crois que le mort est sorti pour venir chercher son courrier ?

Etienne interrogea la guichetière :

— Dites-moi mademoiselle, avez-vous déjà vu M. Perez Alfredo ?

— Oh oui ! Il vient tous les lundis et jeudis, à la même heure, pour relever son courrier ! Il est réglé comme du papier à musique !

Etienne et Nasser étaient abasourdis ! Les délires de Nasser allaient-ils se vérifier ? Ce dernier imaginait déjà le squelette, en pyjama, déambuler dans la poste, saluant son entourage d’une main aux phalanges bruyantes. Se réveillait-il parfois pour vaquer à ses occupations quotidiennes ?

— Et… Il ressemble à quoi ? Ne put s’empêcher de demander Nasser.

— C’est un vieil homme de plus de 80 ans. Les cheveux et la moustache blanche. Il marche avec une canne.

— Vous pourriez le reconnaitre ?

— Bien sûr ! Mais qu’est-ce qu’il a fait ?

Ces quelques mots brûlaient les lèvres de Nasser : « Il a commis le délit de mort-vivant ! » Mais cette fois il se retint, par respect pour son collègue dont les sourcils se plissaient sous une concentration soutenu. Il flairait quelque chose, c’était certain ! Mais quoi ? Pour Nasser, cette histoire était inexplicable ! Le compte-rendu à Aleyna ne se fit pas attendre. Quand elle comprit qu’un usurpateur se faisait passer pour M. Perez, elle ordonna qu’un portrait robot soit effectué, que les draps soient analysés et qu’Etienne et Nasser pistent le pseudo M. Perez devant la poste.

Le lendemain, un jeudi matin, armé du portrait-robot établi grâce à la guichetière, Etienne et Nasser attendaient devant l’entrée du bureau de poste. Le temps se déroula lentement dans l’attente impatiente d’un résultat imminent. Malheureusement, la matinée fut vaine.

— A quelle heure vient-il d’après l’employée ?

— A 10h.

— Il est 11h45. Je pense qu’il ne viendra pas. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’il est enfermé à la morgue !

— Arrête tes bêtises. Je crois surtout qu’il sait qu’on le recherche.

— Et comment ?

— C’est passé dans tous les journaux. Il sait qu’on a retrouvé le squelette. Il va se méfier.

— Bon, bon… faut trouver autre chose pour le coincer alors…

— Rentrons.

Aleyna reçut les deux policiers avec le sourire. Elle avait quelques informations supplémentaires à leur communiquer. Etienne, toujours affublé de son éternel imperméable démodé, les cheveux brun coupé très court, ses yeux noisettes brillant d’intelligence, entra le premier. Son collègue le suivait de près, d’un pas désinvolte, s’attardant déjà sur l’étude des rayonnages du bureau de la juge.

— J’ai du nouveau ! leur annonça-t-elle. L’analyse des draps révélent que la victime s’est bien décomposée dans son lit. Elle n’a pas bougé depuis 15 ans. On s’en doutait déjà ! Mais j’ai la confirmation que quelqu’un se fait passer pour M. Perez. Son compte bancaire est toujours alimenté par sa retraite et des factures concernant sa maison ont été payées par chèque au nom de M. Perez. Et vous ? Avez-vous vu notre suspect ?

— Non, il ne s’est pas présenté.

— Dommage… mais heureusement, grâce à mes recherches, nous avons une adresse. Un virement automatique d’un montant de 530 euros est effectué chaque mois à l’intention d’un certain M. Kuzc. Ce dernier m’a certifié que c’était pour la location d’un appartement. Je vous envoie immédiatement l’adresse sur vos ordinateurs de poche.

— Bien, nous y allons tout de suite, assura Etienne.

Nasser suivit son collègue. Il s’approcha de son oreille et lui glissa :

« Je te parie qu’il n’y aura personne. Il est coincé à la morgue… »

Etienne sourit. Cette histoire amusait beaucoup Nasser. Mais qu’est-ce qui ne l’amusait pas ?

Quand ils arrivèrent devant la porte de l’immeuble, ils tombèrent nez à nez avec leur suspect. Une valise dans une main, sa canne dans l’autre, il tentait de prendre la fuite…

« M. Perez Alfredo ? »

Incapable de fuir, le vieil homme hocha de la tête en soupirant.

« Veuillez nous suivre, nous aimerions vous interroger. »

Aleyna les attendait derrière son bureau, sa greffière prête à enregistrer la conversation. Etienne avait fait assoir le vieil homme face à la juge. Lui et Nasser attendait, debout, près de la porte.

— Bonjour monsieur. Je suis Aleyna Kiliç, juge d’instruction. Ceci est donc une instruction, je vais vous interroger concernant la mort de M. Perez Alfredo ainsi que l’usurpation de son identité. Avez-vous bien compris ce qu’il se passe ?

— Oui.

— Pourquoi êtes-vous ici ?

— Parce que je me fais passer pour Alfredo.

— Tout à fait. C’est très bien de le reconnaitre.

— Je n’ai pas le choix. J’imagine que vous avez des preuves !

— Oui, plus que suffisantes. Mais tout d’abord, comment vous appelez-vous ?

— Mimoun Benamin.

— M. Benamin, comment avez-vous connu M. Perez ?

— Nous avons été hospitalisé ensemble. Il n’avait pas de famille et je suis devenu son seul ami.

— Pourquoi vous êtes-vous fait passer pour M. Perez ?

— J’étais SDF, sans revenu à 72 ans. Qu’est-ce que vous vouliez que je fasse ? Je n’avais pas beaucoup de solutions…

— Comment est mort M. Perez ?

— Il est mort dans son lit. J’en ai profité pour utiliser sa carte bancaire, sa retraite…

— Mais pourquoi avez-vous continué de payer les frais de la maison de M. Perez ?

— Pour cacher le corps. Si tout paraissait normal, j’avais des chances de continuer à vivre ainsi. Alfredo toujours vivant, qui pouvait soupçonner que ce n’était pas lui ?

— Mais « cacher le corps » comme vous dites, c’est une attitude assez singulière. N’auriez-vous pas autre chose à cacher ?

— Pourquoi ? Qu’avez-vous trouvé d’autre ?

— Je vous demande de répondre M. Benamin, que vouliez-vous surtout cacher ?

— Les journaux ont dit qu’il n’était plus qu’un squelette. Après tout, au bout de 15 ans… Il ne pouvait pas rester grand-chose !

— Nous pouvons y voir beaucoup de choses malgré tout.

— Vraiment ? Vous avez donc vu qu’il est mort d’une crise cardiaque.

— M. Benamin, il vaut mieux jouer franc jeu avec moi. Etes-vous responsable de la mort de M. Perez ?

— Je suis coupable d’avoir usurpé son identité. J’en ai bien profité pendant 15 ans. Je savais que sa finirait un jour. J’ai 87 ans vous savez. Je n’ai plus rien à attendre de la vie et je n’ai plus rien à vous dire.

Aleyna ne put rien en tirer de plus. Mimoun Benamin était muet comme une carpe.

Il fut inculpé pour usurpation d’identité.

— Tu crois qu’il l’a tué ? demanda Nasser à Etienne.

— J’en sais rien. En tout cas, si c’est le cas, il aura brillamment réussit son coup.

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 19:18

Voici le numéro 1 du Webzine Chrysalide où vous pouvez retrouver mon interview sur le thème de l'autoédition, à l'occasion de la publication de "Reflets de miroir" en livre numérique.

 

Bonne lecture !

 

Lina

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 09:24

fantastique15Le vent s'engouffrait dans les frondaisons, faisant tressaillir les branchages. Les feuilles se soulevaient sous le souffle chaud, vibraient violemment. Le bois craquait à chaque bourrasque, les brindilles s'envolaient brusquement.

Un gros chêne généreux résistait au souffle écrasant. Sous chaque bourrasque, il grésillait de tout son bois, acceptant humblement les coups violents. Le vent, tel un chirurgien, coupait dans la chair végétale du centenaire. Avec précision et rapidité, il égalisait le visage vert de l'homme de bois. Cassant une branche par-ci, une autre par-là, il modelait à son bon plaisir des joues larmoyantes. D'un souffle puissant, il élaguait le superflu, éliminant ces rides viellissantes. Il s'attarda pendant deux longs jours, insatisfait. Il coupait, tranchait, épargnait, recollait, espérant atteindre cette perfection esthétique qu'il chérissait tant.

Fatigué, il s'essoufla. Ses coups s'amoindrient, sa précision s'étiola. Il finit par abandonner. Avec douceur, il s'effaça, s'éloigna et admira son oeuvre. Un chêne dépouillé et clairsemé apparut. Le vent sourit de ce sourire triste d'un travail déjà achevé. Ses bras tempétueux avaient modelés un homme-bois érodé par son souffle destructeur.

Abimé mais droit, le chêne se dressait, plus fort que jamais.

 

De Lina Carmen

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 16:58

livre6-copie-1"Par-delà l'ombre de la lune, un monde extraordinaire attend d'être découvert : le monde des 12 Royaumes. Un monde peuplé de créatures fantastiques et où chaque être a sa place. un monde régi par douze rois, chargés de faire régner la loi et la justice. Qu'un seul d'entre eux renie son destin, et l'harmonie sacrée des 12 Royaumes sera rompue. Viendra alors l'heure du chaos."

Les deux premiers volumes (la mer de l'ombre), relatent l'épopée de Yoko, une jeune collégienne qui se fait "kidnapper" par un jeune homme étrange qui se prosterne devant elle et lui jure fidélité. Poursuivie par des monstres, elle s'enfuie en livrant bataille à coup d'épée. Finalement, elle se retrouve dans un autre monde, celui des douze Royaumes. Perdue, seule, elle devra survivre, combattant des Yoma et poursuivie par les humains.

Les autres volumes reprennent le vécu d'autres personnages entrevus rapidement dans les premiers épisodes.

Mon avis : Excellent ! J'ai été agréablement surprise par la profondeur de ce roman, qui, tout en nous emmenant dans des contrées fantastiques, se penche profondément sur l'âme humaine, nos peurs, nos espérances et nos attentes.

Par exemple, on évolue avec Yoko, espérant qu'elle s'en sorte mais à chaque fois qu'on croit que les choses vont s'arranger pour elle, c'est tout le contraire ! Yoko passe alors par des phases de déception, de méfiance, de joie et de peur. Un parcours initiatique indispensable afin qu'elle se retrouve avec elle-même et construise sa personnalité. Les personnages sont profonds et attachants. On est loin du manichéisme habituel de la fantasy ! Les autres volumes sont tout aussi passionnants, mais je ne vous en dis pas plus, au cas où vous vous laissez tenter...

Et pour ceux qui n'aiment pas lire, vous pouvez le voir en manga !12-royaumes.jpg

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 18:54

Vous pouvez désormais commander mon recueil de science fiction, "Reflets de miroir" sur Amazon, au pris de 3,09 euros, en livre numérique ! Le premier, d'une longue série, je l'espère. Le prochain, ce sera un roman jeunesse : "L'émeraude oubliée", Tome1 : Mornia. Encore quelques corrections, la couverture à préparer, et il sera prêt pour la publication sur Amazon !

 

cliquez par ici pour rejoindre le site d'Amazon et acheter mon livre.

Lina_illus.jpg

 

 

 

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 19:08

A la demande de Caliope, je réponds à son tag lecture.

  

    livre31. Un livre que j'ai particulièrement aimé.

Alors là, je ne peux que vous parler de mon roman culte et de mon auteur préféré : "Le mystère de la chambre jaune" de Gaston Leroux. Je n'oublierai jamais les émotions qui m'ont submergés en le lisant. J'étais adolescente et c'était la première fois que je lisais un roman avec autant de mystère ! Je crois que c'est d'ailleurs grâce à Gaston Leroux que j'ai découvert mon attrait pour le mystère, les secrets et surtout leur découverte... D'ailleurs, je ne peux m'empêcher d'écrire mes récits avec mystère et suspens, car j'aime ça !

  

livre1.jpg2. Un livre qui ne m'a pas plus. La théorie Gaïa de Maxime Chattam. J'ai lu le tome 1. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé. Il est très bien écrit, l'histoire est superbement bien menée et il y a beaucoup de mystère. Mais il est sombre, noir... et je n'aime pas les histoires aussi sombres. C'est un peu sordide en fait. On entre trop dans le monde des tueurs en série, ça fait froid dans le dos. Pourtant, on sent que Chattam nous mènage en évitant de décrire certaines scènes. Bref, je ne le relirai pas.

  

9782266173261.jpg3. Un livre qui est dans ma PAL. Alors là, c'est difficile d'en choisir un, il y en a tellement ! Bon, en fait prochainement je dois entamer "Dune" de Frank Herbert. J'ai lu le "1", il y a quelques années (à la bibliothéque). J'ai acheté Dune 1 et 2, j'ai vais donc bientôt en commencer la lecture. Ensuite, j'achéterai la suite et comme ça, j'aurais la collection !

  

livre4.gif4. Un livre qui est dans ma Wishlist. La trilogie de Pierre Bottero : "Ellana, le pacte des Marchombres". (littérature jeunesse). J'ai déjà lu le tome1 (en bibliothèque) et j'ai adoré ! J'aimerai beaucoup lire la suite...

 

 

 

 

livre2.jpg5. Un livre auquel je tiens. "Les enfants de l'été" de Robert Sabatier. Il m'a été offert par mon amie de coeur et elle y a mis une dédicace émouvante. Super roman fantastique, tendre et plein d'imagination ! Je vous le conseille vivement !

 

     

 

 

6. Un livre que je voudrais vendre ou troquer. Ben franchement, aucun. J'aime garder mes livres, sauf les dictionnaires ou les documentaires. J'en ai d'ailleurs vendu quelques uns sur priceminister mais la liste n'était pas trés longue...

 

livre5.jpg7. Un livre que je n'ai pas réussi à terminer. Une amie m'a offerte "Le voyage de Théo" de Catherine Clément. Elle avait entendu dire que c'était bien. C'est nul ! Ce n'est qu'une succession d'explication sur les rites et traditions des grandes religions... inintéressant, il n'y a même pas d'histoire ! Enfin, je n'ai pas pu le finir, je n'ai lu que quelques chapitres.

 

 

livre6-copie-2.jpg8. Un livre dont je n'ai pas encore parlé sur le blog. En fait, il y en a beaucoup car je ne prends pas le temps de vous parler de tout ce que je lis. Mais je vais vous parler de ma lecture du moment : les 12 royaumes de Fuyumi Ono. Excellent ! Un vrai régal. On entre vraiment dans un imaginaire époustouflant, peuplé de créatures extraordinaires et en plus, les personnages sont profonds, il y a beaucoup de psychologie... Qui aurait cru ?

 

9. Un livre que j'ai à lire en lecture commune. Désolé, je ne participe à aucune lecture commune ! Ce serait trop stressant pour moi. Avoir une date butoir pour lire un livre... J'aurais l'impression de retourner à l'école !!

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 18:40

Face aux difficultés à se faire publier, tout auteur se pose un jour la question cruciale : "Pourquoi ne pas me lancer dans l'auto-édition ?"

Rappelons que l'auto-édition, c'est financer soi-même l'impression et la diffusion d'un ouvrage sans passer par un éditeur. Mais il n'est pas toujours évident de : 1. trouver l'argent et de 2. faire sa propre promotion.

Pendant longtemps, un auteur débutant n'avait pas d'autres choix que de tenter encore et encore sa chance auprès d'un éditeur, de préférence renommé.

Au XXIème siècle, les choses sont différentes. Nous avons Internet et le livre numérique.

Alors oui, le livre papier est plus agréable à lire qu'un livre numérique. Dans ce denier, deux sens sont en léthargie : l'odorat et le toucher (quoique j'effleure ma kindle pour tourner les pages... mais ce n'est pas pareil). Mais avant de s'intéresser au lecteur, mettons-nous dans la peau de l'auteur débutant qui aimerait être lu. Car éditer numériquement, c'est GRATUIT. Avec Amazon, tout le monde peut éditer son ouvrage sans avancer un seul sou. Et si on arrive à vendre, on peut même faire des bénéfices ! Et pourquoi pas, avec ces bénéfices, éditer en format papier ? Ou, pour ceux qui rêvent toujours d'être édité par une grande maison d'édition, il y a l'exemple d'Amanda Hocking.

Je reprends ici les propos de Stéphane Ternoise dans "Le livre numérique, fils de l'auto-édition", que je recommande : "Amanda Hocking, américaine, 26 ans, refusée par les éditeurs et publiant sur Amazon ses onze livres. Sans éditeur, en auto-édition donc, avec des prix de 0,99 à 2,99 dollars. Plus d'un million d'exemplaires achetés. (...) Naturellement, le monde de l'édition classique a essayé de récupérer la jeune femme et elle a signé pour quatre livres un gros contrat."

Bien entendu, ne nous faisons aucune illusion, c'est un exemple qui ne se reproduira pas si souvent. Et puis, nous sommes en France...

En tout cas, une chose est sûr, le monde de l'édition bouge. Allons nous, nous les auteurs, profiter de cette aubaine ?

De Lina Carmen

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 23:08

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