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  • Lina Carmen
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman
  • Auteur avant tout pour la jeunesse, mon roman "L'émeraude oubliée : l'évasion", tome 1 sort en juin 2014, avec les éditions La Bourdonnaye. Les deux autres tomes suivront fin 2014 et en 2015. J'écris aussi pour les adultes avec deux autres roman

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 23:24

Voici un texte que j'ai écris pour le concours de la communauté Autres Mondes. Le thème : "Et si ?"

Je mets en lecture le texte d'origine qui est beaucoup plus long que celui que j'ai envoyé pour le concours. En effet, il ne faut pas dépasser les 6 000 signets, espaces compris et j'en ai 8 341 ! J'ai donc fait de grosses découpes dans mon texte. Snif ! Je n'aime pas beaucoup faire ça alors pour vous, je publie l'originale.

Bonne lecture !

 

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« Il revient à lui ! »

 

Près d’un homme gisant sur un lit d’hôpital, Mouna appelait ses collègues. Excités, ils se précipitèrent. Ils étaient trois maintenant, observant avec inquiétude ce malade si précieux. Des joues roses sous une jolie barbe blanche, des moustaches en guidon, un ventre rebondi, il ne semblait pas si malade que ça. C’est juste qu’il fût mort. Je dis bien "fût" car maintenant il vivait.

 

« Il ouvre les yeux ! »

 

Mouna se plaisait à commenter ce que tous observaient.

 

Le mort reprenant vit, cligna des yeux, gêné par la luminosité de la pièce. Il tourna son visage débonnaire vers chaque individu, fronça les sourcils et dit :

 

« Si je ne m’abuse, l’heure du déjeuner ne doit plus être loin. J’ai une tendre inclination pour le caviar. Enfin, ce n’est qu’une simple suggestion, je laisse le soin à votre cuisinier d’en décider. Mais dites-moi, où suis-je ? »

 

Avec curiosité, il examina les murs peints d’un vert pâle, l’électrocardiographe s’animant au-dessus de lui, les draps de coton ornant son lit.

 

— Vous êtes à l’hôpital, lui répondit Mouna, toujours prompte à ouvrir la bouche.

 

— Diable ! Que m’est-il donc arrivé ?

 

— Une crise de diabète assez sévère.

 

— Ah ! Mais je vais mieux, je me sens très bien.

 

— Oui, enfin… vous en êtes mort tout de même !

 

— Mort ? Que dites-vous là mademoiselle ? J’ai plutôt l’impression d’être vivant.

 

— Maintenant oui, et grâce à la science. Une machine, la RGH330 vous a ramené à la vie.

 

L’homme l’observa, sceptique. Mais peu enclin à contredire une demoiselle, il se retint de répliquer.

 

« On va vous apporter votre repas M. Verne »

 

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Jules Verne était installé confortablement dans un fauteuil moelleux, les yeux rivés sur un magazine. Plus qu’un magazine d’ailleurs, il s’agissait d’une revue scientifique. Le visage de notre romancier exprimait la perplexité. Il soupira, leva les yeux vers la fenêtre toute proche et s’exclama :

 

« Quelle époque ! Mais quelle époque ! C’est extraordinaire ! »

 

Il tourna une page et repris sa lecture avec une concentration soutenue.

 

On frappa à la porte.

 

« Entrez ! »

 

Un jeune homme, dans la trentaine, les cheveux mi-long, les yeux sombres, la barbe naissante, fit son entrée.

 

— M. Verne ! C’est un immense honneur de faire votre connaissance. Je suis Nicolas Delannaye. Je suis votre guide pour le colloque d’aujourd’hui.

 

— Et bien je suis enchanté de faire votre connaissance M. Delannaye. Dites-moi, quand partons-nous ?

 

— Immédiatement, enfin, si vous êtes prêt.

 

— Bien entendu, je vous attendais en faisant quelque lecture de ceci, dit-il en désignant une pile de revues scientifiques.

 

— Ah ! Je vois, de vieilles habitudes…

 

Ils sortirent.

 

« Voici ma voiture, » annonça M. Delannaye tout en montant. 

 

Jules Verne tenta d’ouvrir la portière mais il avait encore quelques difficultés avec les poignées.

 

— Mais montez devant M. Verne ! Ce sera plus facile pour discuter. Je ne vais pas rater l’occasion de vous interroger !

 

— Depuis mon réveil, tout le monde veut m’interroger ! rétorqua M. Verne en s’exécutant. Je ne compte plus les interviews.

 

— Oui, je vous ai vu à la télévision, répondit M. Delannaye tout en conduisant, c’était passionnant ! Heu… pouvez-vous mettre votre ceinture s’il vous plait ? C’est obligatoire.

 

— La télévision ! Quelle invention remarquable ! D’un point de vue scientifique, c’est une machine admirable, mais je dois dire que son utilisation me laisse pantois.

 

— Vous laisse quoi ? Que voulez-vous dire ?

 

— Et bien, toutes ces réclames entrecoupant les films cinématographiques par exemple, quelle réelle utilité ? Elles semblent si… enfantines ! Et ces émissions où les gens révélent publiquement leur vie privée et leur préférence sexuelle ! C’est effarant ! Je ne suis pas certain de m’y habituer.

 

— Le monde a bien changé depuis votre époque ! J’ai appris lors de votre interview que vous vous voyez plus comme un scientifique que comme un romancier de science fiction.

 

— Ce n’est pas tout à fait exact. Je ne suis pas à proprement parler un scientifique. Je m’y intéresse, voilà tout. Mes romans n’avaient comme vocation que d’enseigner des données scientifiques aux jeunes esprits, de manières ludiques. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi vous me voyez comme un précurseur de la science fiction. J’ai mis en scène la science et j’ai deviné sa progression. Je suis d’ailleurs assez fier d’avoir compris certaines choses qui se sont ensuite réalisées ! Par contre, si vous voulez connaître un véritable auteur de science fiction, lisez Herbert George Wells. La plupart de ses idées son irréalisables et non scientifique, de la fiction, rien que de la fiction !

 

— C’est amusant que vous me parliez de lui, car justement, j’ai appris qu’il sera présent au colloque.

 

— Que dites-vous ? M. Wells est vivant ?

 

— Oui, tout comme vous. Les anglais l’ont ramené à la vie. Eux aussi ont réussi à mettre la main sur son ADN.

 

— Mais… vous ramenez beaucoup de monde à la vie comme ça ?

 

— Assez, oui. Les égyptiens, avec toutes leurs momies, ont ramené beaucoup de monde. Leur vision de l’histoire a totalement changé ! En France, nous avions bien quelques reliques comme des os par exemple mais bien souvent, en les ramenant à la vie, on s’est rendu compte qu’il ne s’agissait pas toujours de la personne à laquelle on s’attendait. On a souvent était déçu ! Alors, vous imaginez bien que nous étions enthousiastes quand nous avons pu récupérer votre mèche de cheveux. Et quelle joie de constater que vous étiez bien vous ! Vous savez à quoi tout ça me fait penser ? Vous disiez que vous avez anticipé certaines avancées scientifiques et bien au 20ème siècle, nous avons eu un film qui a deviné qu’un jour, avec un petit morceau d’ADN, on pourrait ramener quelqu’un à la vie ! Le 5ème élément, vous l’avez vu ?

 

— Non, désolé mais je me suis plutôt attardé sur de saines lectures. Un film de science fiction… non, vraiment, je ne suis pas intéressé.

 

Ils partagèrent ainsi différentes pensées pendant tous le trajet. Ils arrivèrent enfin à destination.

 

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Jules Verne avait écouté avec attention les conférences scientifiques. Il allait de découverte en découverte. Après le déjeuner, il avait eu le plaisir de rencontrer son homologue anglais : H.G. Wells.

 

— Cher ami ! lui avait-il lancé. Alors, vous aussi on vous a ramené à la vie ?

 

— Jules Verne ! Quelle joie de vous revoir ! Qui aurait pu dire que nous nous retrouverions ici, à cette époque !

 

— Il est vrai que même moi, je n’aurais pu ! Et pourtant, j’en ai deviné des choses !

 

— Vous avez vu comme ces gens nous admirent ? Nous sommes les pères de la science fiction !

 

— Ah ! Je dois dire que cette idée n’est pas des plus flatteuses. Je me sens romancier, certes, mais ce sont des écrits scientifiques que j’ai mis sur le papier, des notions bien réelles ! Il n’y a pas de « fiction » dans tout cela.

 

— Vous vétillez cher ami ! Admettez que ce ne sont pas des articles scientifiques que vous avez publié mais bien des romans !

 

— Certes, certes… mais de là à dire qu’il s’agisse de science fiction…

 

— Et que pensez-vous de cette époque ?

 

— Elle est épatante ! La science a avancée d’une manière fulgurante !

 

— La science, oui, mais avec elle la violence, les génocides, la bombe atomique…

 

— C’est vrai M. Wells, vous avez raison, le tableau a un côté assez sombre. Nous avons encore de nombreuses choses à découvrir. Que comptez-vous faire ?

 

— J’aimerai me remettre à écrire mais…

 

— Vous avez des idées ?

 

— Non, justement. Voyez-vous M. Verne, je me demande sur quels sujets je pourrais écrire.

 

— Moi-même j’y ai réfléchi et je me pose une question. Que pourrions-nous anticiper ? Cette époque a déjà tout inventé !

 

— Tout à fait. Je me sens dépassé, comment pourrais-je continuer à écrire de la science fiction ?

 

Ils soupirèrent tous les deux. Qu’allaient-ils pouvoir faire de cette nouvelle vie qui leur ouvrait les bras ?

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Mais ils ignoraient ceci :

 

Quelques mois plus tard.

 

— Alors Mouna, Verne a rendu son dernier souffle ?

 

— Et oui ! Jour pour jour, un an après il s’est complètement disloqué, comme tous les autres.

 

— Et qui est le prochain sur la liste ?

 

— Tu ne vas pas en revenir, dans quelques heures, on va nous ramener la tête d’Henri IV !

 

— Henri IV ! Et bien, c’est quelque chose ça ! Ce sont les historiens cette fois qui ne vont pas s’ennuyer !

 

— Oui ! Ils auront un an pour lui soutirer un maximum d’informations. On en fait des progrès grâce à la science !

 

 De Lina Carmen

 

 

 

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Published by Lina Carmen - dans Texte
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commentaires

Clovis Simard 25/06/2012 21:22

Blog(fermaton.over-blog.com), No-30. - THÉORÈME DE L'IGNORANCE. - Gödel ou Asimov ?

Xian Moriarty 24/06/2012 00:07

Salut Lina,
Pour commencer, il y a une faute de frappe : "On a souvent était déçu !"

Ensuite, je trouve ta nouvelle pas mal, mais je trouve vraiment que ta nouvelle n'est pas assez longue ! Je pense que tu aurais plus développer les parallèles entre les univers des auteurs et la
science actuelle : la source d'énergie du Nautilus/énergie nucléaire, Big Brother/Surveillance, etc. Cela aurait pu aussi donné une critique de notre société...
Bref, une nouvelle sympa mais qui pourrait être retravailler plus en profondeur !

:) bizz
Xian

Lina Carmen 28/06/2012 11:55



Bonjour !


Oh là là, la faute que j'ai laissé passé !! Je suis tout à fait d'accord avec ta critique, comme toi, j'ai écrit cette nouvelle dans l'urgence et en fait, j'ai beaucoup d'autres idées à
développer sur la base du retour de Verne et Wells. A vrai dire, ce n'est qu'une ébauche. Je pense que dans un avenir plus ou moins proche, je reprendrais cette nouvelle pour la développer. Et
j'en ferais une sacrée critique de notre société !!


A bientôt Xian !


Lina


 



Caliope 23/06/2012 22:45

Salut !
Si j'étais membre du jury, je te mettrai 5 sans hésiter.
J'adore ta nouvelle. Bravo !

Lina Carmen 28/06/2012 11:55



Merci Caliope ! c'est gentil.



helene 20/06/2012 11:53

Bonjour Lina,

je crois que mon commentaire n'a pas passé, alors je reprends. Je te disais que j'avais été subjugée par ton texte et que tu avais une imagination incroyable. Que j'espérais que le jury saurait
reconnaitre ton talent. Que cela soit le début pour toi d'une belle carrière d'écrivain. Moi qui n'aime pas beaucoup la science fiction, avec toi j'ai découvert que je pouvait aimer lire ce genre
de livre. Merci de nous avoir partagé cette histoire.

Gros bisous, Helene

Lina Carmen 21/06/2012 21:11



Ton message est bien passé !


Je ne savais pas que tu n'aimais pas la science fiction ! Tu es la deuxième personne qui me dit que grâce à mes textes, elle a découvert la science fiction. ça fait plaisir !



helene 20/06/2012 11:47

Bonjour Lina,

ton imagination est incroyable. J'ai adoré, vraiment subjugée par ton histoire. J'espère que le concours sera pour toi le début d'une belle carrière d'écrivain......je dis bien écrivain, je n'aime
pas le terme d'écrivaine (sourire), merci de nous avoir partagé cette histoire.

Gros bisous, Helene

Lina Carmen 21/06/2012 21:10



Bonsoir Helene !


Merci pour tes encouragements ! Et le mot "auteure" ? Tu aimes ? C'est vrai que ça fait bizarre tous ces mots au féminin, mais pour les nouvelles générations qui seront habituées, ce sera normal
!


Bisous


Lina